Le film s’éloigne de l’œuvre originale pour donner une plus grande importance au cirque et aux personnes qui le font vivre. Dans le climat actuel, je ne sais pas si c’était la bonne chose à faire, même si ça permet d’embrayer sur une critique à peine cachée des parcs d’attractions dans la seconde partie (pas étonnant de la part de Burton, plus de la part de Disney). D’un autre côté, cela permet de transférer l’histoire sur un format live-action, où suivre un éléphant et une souris aurait sans doute beaucoup moins bien marché. Cela permet également à Burton de revenir à l’une de ses thématiques phares, à savoir les familles aux personnalités étranges, le cirque en étant une de lui-même, mais également avec l’histoire entre les Farrier et Colette. Je ne suis pas trop fan de l’ajout des enfants, même si ça permet de donner le cadre familial justement (et que c’est sympa d’avoir une petite fille qui aime les sciences et se trouve inspirée par Marie Curie ; mais du coup, son frère fait un peu bouche-trou).
Burton s’éloigne donc du dessin-animé pour pouvoir s’approprier l’histoire, ce qui n’est pas plus mal car cela lui permet de travailler sa propre intrigue et l’intégrer dans son propre univers, que ce soit au travers de son rythme, de ses mécanismes ou de son personnage. Il cherchera toutefois à garder un pied avec l’original, en reprenant certaines scènes ou en adaptant d’autres, parfois pour un rendu final étrange. Dumbo reste toutefois le cœur du film, son âme, et on peut féliciter ici le département des effets spéciaux pour avoir réussi à créer un éléphant pour lequel on s’attache et qui, même sans parole, parvient à transmettre ses émotions.
Le casting est dans l’ensemble correct. Michael Keaton et Danny DeVito se donnent à cœur joie, comme s’ils avaient carte blanche, Colin Farrell s’insère surprenant bien dans cet univers burtonnien et Eva Green reste fidèle à elle-même. Techniquement, la musique de Danny Elfman sera pour le moins discrète, presque fade par moment, reprenant certains thèmes. Comme je l’ai dit les effets spéciaux sont dans l’ensemble correct, les décors sont superbes et bien ancrés dans le visuel de Burton, dont la mise en scène restera très classique mais efficace.
Bref, Burton n’a toujours pas retrouvé la flamme qui avait fait son succès, mais il revient à des projets plus simples dans lequel il s’investit et où on sent son âme transparaître. Le film restera mignon et pourra fonctionner tout autant que le dessin-animé (mais sans doute parce que je n’en suis pas fan).