Un grand événement qui ne laissera finalement pas plus de trace qu'un pas dans le désert. Malgré une photographie spectaculaire, des images dont la lumière nous reste dans les yeux et les prémices sans cesse avortés d'un envol, le film ne tient pas en haleine. La linéarité de la mise en scène confine à la monotonie et à l'ennui, consolidés par des ralentis et des gros plans insistants qui dépassent leur fonction d'explicitation pour se perdre dans le rabâchage inepte. Rares sont les moments de sobriété qui permettent de respirer un peu et de chercher un semblant de rythme là où tout se noie dans l'uniformité du désert. La musique est trop présente pour maintenir longtemps l'illusion de la densité et trop peu cadencée, malgré son potentiel de puissance, pour nous entraîner avec elle. On passera vaguement sur les acteurs, tout aussi vagues, dont les performances peinent à faire oublier la vacuité émotionnelle et sensible des personnages.
Le produit est néanmoins beau, lisse et convenu. Mais c'est justement cet horizon plat qui faire perdre toute sa saveur à une œuvre riche et complexe dont il aurait fallu exposer les traits saillants et les aspérités – en bref, l'on aurait bien aimé voir un grain de sable se glisser dans la mécanique trop bien huilée d'une création sans âme.