A la faveur d’un été 2020 forcément morne du point de vue de l’actu ciné, le multiplexe du coin a eu la très bonne idée de projeter quelques films de Nolan dont celui-ci que je n’avais pas vu et qui est son dernier en date. Ce récit enfiévré narre la retraite de l’armée britannique en mai 1940, alors encerclée par l’armée allemande à Dunkerque. On y suit trois personnages. L’un est un simple soldat essayant de faire partie de ceux qui auront la chance de traverser la Manche. Un autre est un pilote de chasse tentant d’escorter les bateaux qui ramènent les soldats à la maison. Un dernier est un bon père de famille qui va aller porter secours aux gars du pays coincés sur les plages du nord à bord de son petit bateau de plaisance. Qu’on se le tienne pour dit, rarement on aura vu un récit au rythme si bien maîtrisé. On est scotché au siège de la première seconde à la dernière, sans fatigue. Pour autant, Nolan n’éprouve pas le besoin de tout faire exploser ni de faire gicler le sang. Car c’est réellement l’écriture qui donne au film son aspect spectaculaire. Par un procédé hyper ingénieux et extrêmement précis, le récit nous fait suivre trois temporalités différentes. En gros, chacune des trois histoires se déroule sur une durée différente : Une semaine, une journée, une heure. Ces trois récits vont finir par se rejoindre et ça donnera cette impression d’unité de temps totalement impossible. Les évènements s’enchaînent très logiquement et chaque pièce de ce puzzle temporel s’emboîte à la perfection. On l’aura compris la force première du film est là. Pour ce qui est du signifié, on va forcément vers un témoignage de la dureté de la situation et vers la mise en avant de l’action individuelle. Il conviendra de replacer cet épisode de la seconde guerre mondiale dans son contexte pour mieux comprendre les enjeux de ce repli britannique. Hors champ, l’armée française attend sa défaite en tâchant de préserver l’allié dont elle aura sûrement besoin plus tard. A l’écran, c’est donc l’individu qui prime et on se rend compte à quel point il est tout petit dans ce chaos et à quel point sa vie ne tient pas à grand-chose. On regrettera peut-être un ton patriotique un peu lourdingue sur fond de discours de Churchill sur la fin mais vraiment, on se concentrera sur la démonstration du talent technique de Nolan. Du côté de la musique, c’est du Zimmer, très efficace par moment, too much à d’autres. En bref, à voir assurément, sur grand écran de préférence.