Réalisé par Dennis Hopper, produit par Peter Fonda, joué par l'un et l'autre, et avec un budget très resserré, Easy Rider a tout du film de potes, mais son aura dépasse aujourd'hui ce seul statut...


Road-movie typique, le film débute par un deal de coke qui servira à financer le voyage de nos deux lascars. Mais très vite, et dès le générique, les deux "from L.A." enfourchent leurs bécanes patriotes aux notes d'un Born to be Wild désormais mythique... La bande originale rock fera évidemment partie des forces d'Easy Rider. Beaucoup plus en tout cas que les quelques tentatives de donner du style à la réalisation, avec ces sortes d'enchaînements frénétiques entre deux scènes donnant finalement la nausée...


Le but du voyage : se rendre au carnaval de La Nouvelle-Orléans. Un scénario très mince donc. Mais sur la route, nos deux "cheveux longs" - surtout un en fait - verront du pays, et en particulier de sublimes décors montagneux et désertiques, verdissant au fur et à mesure qu'ils avanceront vers l'est. Une jolie carte postale. Ils déposeront très vite un moto-stoppeur hippie dans son camp de jeunes théâtreux semeurs-cueilleurs. Le réalisateur aura cette fois-ci la bonne idée d'un plan-séquence où chaque membre du camp sera filmé l'un après l'autre ; humanisant tout ce petit monde. Mais après avoir quitté ces derniers, nos deux bikers entreront en pays conservateur, et la musique ne sera plus jamais la même...


Rapidement mis en taule, ils rencontreront un avocat BCBG limite alcoolique (impayable Jack Nicholson) qui les en sortira et les suivra coiffé d'un casque de foot U.S.. Un type qui délirera pas mal sur les aliens de type saturnien tout en fumant son premier stick. Mais la suite du film deviendra beaucoup plus politique en raison de l'homosexualité supposée de nos deux "cheveux-longs" par la faune masculine locale, et la haine qu'ils engendreront malgré eux et leur succès auprès de jeunes femmes assez ridicules de niaiserie puritaine... Car comme leur expliquera ce dernier : les deux motards représentent pour ces ploucs la liberté dont ils discourent sans cesse mais hypocritement, et dont ils ont en réalité une peur panique, les rendant particulièrement dangereux. Parce qu'on n'est jamais libre quand on se vend et qu'on s'achète sur le marché. Ou un truc dans l'genre...


A l'arrivée, le film se regarde avec plaisir, notamment grâce à ses paysages, à la musique et aux acteurs, même si certains passages font un peu ringard aujourd'hui... Je n'ai par contre pas trop kiffé le passage "film d'auteur psychédélique" en mode bad-trip/good-trip, trop long et pas assez maîtrisé selon moi. Ceci dit, Easy Rider n'en demeure pas moins un rendez-vous culte à voir au moins une fois dans sa vie d'easy watcher.

RimbaudWarrior
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le 8 avr. 2016

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RimbaudWarrior

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