Orsini (Tyrone Power) est l'instrument du machiavélique et hégémonique César Borgia (Orson Welles) qui ambitionne de conquérir une à une les provinces italiennes.
Parce qu'il tourne en Italie, dans des lieux et édifices historiques, trésors de la renaissance, Henry King donne une apparence flatteuse à cette intrigue dont l'authenticité des décors ne détermine pas celle du scénario. Comme souvent, Hollywood détourne l'Histoire européenne au profit de conventions et de poncifs de son invention, que le cinéaste affuble d'emphatiques et pompeuses considérations sur la liberté des peuples, la justice, l'honneur...
Si l'on excepte la dernière partie, plus animée, l'aventure d'Orsini, sous les dorures et les fresques d'Italie, est un long bavardage ampoulé d'une rare faiblesse dramatique. La faute à des personnages courants, sans étoffe ni originalité. Tyrone Power incarne un héros fade et ses insuffisances d'acteur trop lisse sont criantes. Les quelques apparitions d'Orson Welles, avec son charisme "shakespearien" renvoient ses partenaires à leur interprétation obsolète. Sa présence donne un peu de caractère à un film et à un mode romanesque qui n'en ont pas.