John Flynn fut un réalisateur assez peu connu, mais dont son nom a connu un certain regain de popularité car un des ses films, Rolling Thunder, est loué par Quentin Tarantino. Pour ce dernier, il est l'un de ses influences.
En France, il n'y a vraiment que Philippe Garnier qui tente de mettre en avant ce réalisateur, notamment à travers la formidable édition dvd (comprenant un livre) sur Echec à l'organisation.
A première vue, ce film est une adaptation d'un roman de Donald Westlake (grand auteur de romans policiers), qui tourne autour d'une vengeance ; celle d'un homme qui, sortant de prison, apprend que son frère a été tué par une certaine Organisation. D'où l'envie de coller des balles entre les deux yeux.
Pour les acteurs, on retrouve Robert Duvall, dont c'est le premier rôle en tête d'affiche, qui a la gueule de l'emploi ; froid, implacable, sec, mais qui garde quand même une certaine ironie. Il rappelle par moments Lee Marvin dans Le point de non-retour (tiré aussi d'un roman de Westlake). Ses autres partenaires sont intéressants, car ils représentent un pont entre les films noirs "d'avant" et ceux de cette époque.
Ainsi, on retrouve Mary Winsdor et Robert Ryan (un de ses derniers rôles) dans l'ancienne génération, et dans les plus jeunes, on retrouve de futurs interprètes de films noirs comme Karen Black ou Joe Don Baker.
C'est aussi l'époque où la violence se fait plus sèche, avec le sang qui apparait, mais sans jamais verser dans le gore. L'ensemble du film réside dans sa rapidité, et le rythme qu'il procure, avec assez peu de temps morts.
Je vois dans ce film du très bon travail d'un bon artisan (et dont je connais très peu de films), qui aurait pu être produit par la RKO dans les années 1940, et le film en reprend assez l'esprit.
Je regrette juste que la fin, imposée par les producteurs, soit quasiment l'inverse de ce que l'ambiance générale laisse planer, à savoir celle propre aux films noirs. Cela dit, c'est pas mal du tout, et je suis désormais curieux de voir ce fameux Rolling Thunder.