Un industriel français (Alerme) veut installer sur le trône de Silistrie, pays aux régimes politiques instables et donc ne favorisant pas les affaires, un prétendant légitime.
La comédie de l'académicien Maurice Donnay est adaptée par Carlo Rim et Henri Georges Clouzot, et peut-être doit-on à ces derniers le meilleur de la causticité et du cynisme qui font tout l'esprit et l'intérêt de la comédie. En se payant les services du professeur de bonnes manières Cercleux pour éduquer le futur prince, Alerme fait entrer en scène un Louis Jouvet irrésistible, tiré à quatre épingles, tout en fausse politesse et vrais sarcasmes.
Les deux comédiens sont le meilleur de la comédie. Ils la maintiennent à flot lorsqu'elle s'éteint un peu, lorsque l'auteur de la pièce signifie que le jeune prince (Robert Lynen) serait, comme il se doit, bien plus heureux avec ses copains. Charpin et sa fille Josette Day sont là pour incarner un art de vivre et une simplicité tout opposés à la vie de prince.
Ce ne sont pas, d'ailleurs, les incidents prévisibles de la comédie qui séduisent. Ce sont ses textes et le magnétisme de Jouvet, le regard perçant que son personnage, grand connaisseur des turpitudes humaines, pose sur chacun de ses interlocuteurs. J'y vois, à tort ou à raison, la patte de Clouzot.