L'amour est au cœur de Egoist, pas celui pour soi, contrairement à ce que le titre du film semble indiquer, mais pour les autres, pas n'importe lesquels, évidemment, ceux qui appartiennent à sa famille ou y entrent, de par les hasards de la vie. Le personnage principal du long métrage de Daishi Matsunaga n'est pas le plus défini, si ce n'est par son train de vie confortable, qui lui permet d'être généreux. Il est en tous cas d'une autre classe sociale que le garçon qu'il aime puisque oui, il est bien question de relation homosexuelle, dans un pays où elles ne sont pas illégales mais le Japon reste cependant le seul pays du G7 à ne pas reconnaître les unions entre personnes du même sexe. Quoi qu'il en soit, ce n'est pas le seul sujet de Egoist qui emprunte une voie narrative inattendue, en sa dernière partie, laquelle se révèle un tantinet trop mélodramatique. D'où un sentiment contrasté pour un film assez cru parfois mais qui laisse dans l'ombre certaines caractéristiques de son protagoniste central, que l'on a du mal à bien connaître, ce qui, d'une certaine façon, correspond aussi au mystère qu'il est pour lui-même. L'interprétation est irréprochable mais la mise en scène, qui multiplie les gros plans ou les passages tournés avec une caméra portée, contribue à rendre le film moins limpide que ce qu'il aurait pu être, ce qui était sans doute le but du réalisateur.