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Silence.
Un plan fixe sur un corps qui respire. La lumière tombe en oblique, poussiéreuse. On entend le souffle, presque le frottement de la peau sur le tissu. Dès la première minute, Matsunaga impose un rythme lent, suspendu.
Ryohei Suzuki filme la fragilité sans la nommer. Ou plutôt, la caméra la respire. Son regard sur Ryūta (Hio Miyazawa) n’est jamais frontal : il tremble, s’esquive, glisse sur le grain du torse. Comme si chaque plan hésitait entre caresse et pudeur.
Le montage, discret, coupe au bord du silence. Pas de musique surajoutée. Le son du vent, le cliquetis d’un bracelet, un soupir. Tout tient dans cette économie. On croit parfois à un documentaire, tant la lumière paraît naturelle, presque sale. Pourtant, chaque cadre est pensé, millimétré, sensuel.
La romance naît dans la répétition. Les gestes, les entraînements, la sueur. Rien de spectaculaire. On pense à Still Walking, à Ozu, parfois à Wong Kar-wai pour ces éclats de rouge dans le gris du quotidien. Mais Matsunaga reste pudique, terriblement japonais dans sa retenue.
Puis vient la rupture. Une disparition. Le film s’effondre avec douceur. On dirait un souffle qui s’éteint. La caméra reste, seule. On sent encore la chaleur des corps sur le canapé, l’odeur du shampoing, la poussière sur la peau.
On sort de Egoist un peu vidé. Mais calme.
On se dit que l’amour, ici, est un plan fixe : il attend, il écoute, il s’efface.
Un film sec et lumineux.
Brut, pudique, obsédant.
Ma note : 13 / 20
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