On tient là un spaghetti assez sympathique mais qui peine à surprendre réellement malgré ses bons aspects et ses bonnes intentions. Le personnage principal, incarné par un acteur que je ne connaissais sais pas d’ailleurs, a une bonne gueule, l’archétype du mec badass qui est un poncif du genre que j’aime particulièrement. Et l’ambiance du film est également très appréciable avec cette crasse et cette violence graphique qui fait toujours son petit effet, accentué par ce grain de l’image assez délectable et qui appuie cette sensation de saleté ambiante. A ce titre, j’ai beaucoup aimé l’introduction qui nous plongeait directement dans le bain. Sans oublier cette chanson entêtante à la manière d’un Django qui m’a presque donné envie de déguster une bonne pizza arrosée d’un bon Chianti. Le décor était planté et j’étais prêt à prendre mon pied devant ce spaghetti, l’un des préférés de Tarantino d’ailleurs pour l’anecdote.
Mais si les ingrédients du bon western spaghetti sont bel et bien là, je dois dire que la bolognaise manque un peu de saveur. La faute à un déroulement ultra classique qui ne m’a jamais surpris ni procuré d’instants de grande jouissance. La trame est banale et le dénouement quelconque alors que le duel entre l’anti-héros, son ex-acolyte et les autres bandits aurait pu donner lieu à quelque chose d’encore plus intense. Mais les séquences deviennent finalement trop prévisibles, ce qui fait que ce film devient trop convenu et lisse malgré son revêtement de crasse et de poussière. Alors c’est assez sympathique à voir, principalement grâce à son ambiance d’ensemble du coup, mais ce n’est pas mémorable faute de réelle surprise. Un peu déçu du coup par ce spaghetti bien divertissant mais trop vite oubliable, faute de séquences marquantes.