La Paz, ville basse et ville (très) haute, avec ses petits métiers (cireurs de chaussures) et son artisanat presque désuet mais toujours noble (tailleur sur mesure). Dans El ladrón de perros, Vinko Tomičić choisit de nous montrer une ville, en dehors de la globalisation mondiale, qui y est évidemment bien présente, mais sans céder au pittoresque ou à l'exotisme. Ces caractéristiques sont en rapport direct avec ses deux personnages principaux, d'âges et de milieux sociaux bien différents et reliés incidemment par un chien. Ne pas mordre la main nourricière pourrait être en quelque sorte le leitmotiv du film mais son essence est plus contrastée que cela, réservant d'ailleurs une surprise dans le déroulement d'un récit loin d'être convenu ou attendu. C'est une histoire parfois déconcertante mais riche de nuances qui nous est contée, qui ne cherche pas à être rythmée, ni à susciter une émotion profonde, mais qui avance par petits bouts, une scène après l'autre, de façon à mieux cerner ses anti-héros, sans pour autant leur ôter tout mystère psychologique. Rien de spectaculaire, évidemment, mais un film qui tisse sa toile avec habileté de bas en haut de La Paz, la capitale administrative la plus haute du monde, qui culmine à 3 500 mètres d'altitude.