Le réel de Madrid, au début des années 60, tel est ce que montre El mundo sigue, en dépit de son dénouement mélodramatique. Portrait du petit peuple de la capitale espagnole, pendant la période franquiste, le film s'attache notamment à deux sœurs qui se haïssent, l'une mariée à un joueur impénitent de loto sportif, l'autre ne sortant de la pauvreté que grâce à l'argent de ses amants. Sans concession pour une société répressive et destructrice, le film brille par ses courts flashbacks, ses voix off représentant la psychologie des personnages, ses ellipses et sa galerie de protagonistes secondaires, tous remarquablement interprétés. La censure a exigé peu de coupes mais a retardé la distribution du film de 2 ans qui n'a été à l'affiche qu'à Bilbao, avant de sortir sur toute l'Espagne en 1975, devenant immédiatement un classique du cinéma espagnol.