Ce qui me frappe dans Elaha, c’est sa pudeur. Une pudeur presque excessive. Tout est filmé avec précaution, respect, retenue. Les mots sont pesés, les silences calculés, les conflits contenus. Je sens une immense volonté de ne pas trahir les personnages, de ne pas simplifier, de ne pas juger. Mais à force de marcher sur des œufs, le film finit par ne jamais vraiment me toucher au cœur.
Je pense souvent, pendant le film, à ce qu’il aurait pu être s’il avait accepté d’être plus inconfortable. Plus imparfait. Plus risqué. Là, chaque scène semble vouloir rester “juste”, “équilibrée”, presque exemplaire. Mais la vie ne l’est pas. Et le dilemme d’Elaha, lui, est tout sauf équilibré.
Bayan Layla fait un travail remarquable de retenue, mais cette retenue devient contagieuse : je me retiens, moi aussi, d’éprouver trop d’émotion. Je respecte le film, je ne le ressens pas pleinement. Il m’intéresse intellectuellement plus qu’il ne me bouleverse. Pour un récit aussi intime, c’est là que quelque chose se fissure.
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