On le sait déjà, Gus Van Sant est un magicien du grand écran, poétique et mystérieux, il prône dans chacune de ces réalisations, deux sentiments pourtant bien distincts : l’allégresse et l’abattement. On retrouve cet univers dans Restless, Last Days et bien entendu Elephant. Pourtant ce dernier se démarque des films basiques qui suivent le schéma narratif du cinéma, à savoir : l’introduction, la présentation des personnages, l’élément déclencheur, les péripéties, et enfin la conclusion.
Elephant c’est bien la prouesse d’un réalisme sans artifice. On entre dans la peau d’un étudiant. On s’épanouit dans cette journée fleurissante. On divague dans les couloirs du lycée tel un habitué. On rencontre des camarades aux talents de photographe, ou encore des rats de bibliothèques… Bref une journée quelconque où règne la soif du savoir.
Ce n’est pas une surprise, on connaît malheureusement tous la scène finale. Nous passons alors d’une poésie clairvoyante à un massacre des plus virtuels. Elephant n’est pas simplement un drame relatant un fait divers. Il n’est pas non plus là pour sensibiliser bêtement le spectateur. Gus nous le présente ainsi :
Elephant s’impose à nous par son audacieux souci de montrer le plus objectivement possible le comportement de ces jeunes gens soudain frappés de folie meurtrière.
Non…Elephant n’est pas un film militant, il est simplement là pour nous montrer la réalité de l’homme. L’homme est une bête, il est le le plus grand danger de notre humanité. L’homme créé la guerre et la guerre alimente l’homme…
Elephant, un nom pas si anodin quand on sait que l’homme n’est qu’une bête.