Notes sur le film : Pour son 7e film depuis Tendres Passions en 1983, James L. Brooks n’a pas fait évoluer sa mise en scène, toujours platement télévisuelle. Ce qui se voit principalement dans la composition des cadres, avec une volonté acharnée du cinéaste de placer ses personnages à l’extrême centre, de sorte que l’image apparaisse comme tristement unidimensionnelle – et parfaite pour être vue sur un écran de petite taille. Néanmoins, l’aspect rentré de la mise en scène ne masque pas le plaisir que l’on a à suivre les péripéties du personnage lumineux d’Ella McCay, jouée par… Emma Mackey (!), idéaliste entraînante, qui suscite l’affection, voire une certaine admiration, parce que son idéalisme n’est jamais bêtement naïf, et qu’il se base surtout sur une puissance de travail et une force morale à toute épreuve – dans sa vie professionnelle, comme dans sa vie personnelle, très agitée.
Allant à l’encontre d’une époque bassement cynique et calculatrice, Ella McCay, héroïne datée, finit par se plier au calcul elle aussi, en y étant forcée, contrainte et piégée… mais en retournant in fine la situation à son avantage, pour atteindre ses idéaux altruistes. Une leçon d’abnégation et de courage, pour un film tendre, gai et optimiste, dont la facture visuelle suit la douceur, sans néanmoins éblouir d’une quelconque manière celui qui regarde.