Rédigeons vite un compte-rendu avant d'oublier cette bluette. L'héroïne - quel brave symbole du rêve américain ! - surmonte toutes les difficultés avec une volonté et une force morale exceptionnelles. Son ascension professionnelle fulgurante l'amène à devenir la plus jeune gouverneure de son État en 2008. Hosanna In Excelcis !
Un talent de funambule serait nécessaire à James L. Brooks pour ne pas tomber du plus haut des Cieux. Or cette comédie dramatique multiplie les chausse-trappes. Il y a les méchants et les gentils, c'est très clair.
Les méchants sont les hommes, des républicains à la George Walker Bush obsédés par le pouvoir ou le sexe. Un père queutard, Eddy McCay, délaisse femme et enfants pour butiner des jardins extraconjugaux ; Ryan, le mari ambitieux, aspire à se prélasser, en vulgaire coucou, dans les palais officiels ; un journaliste veut faire chanter Ella sur un fox-trot puritain ; enfin son mentor en politique la plaque sournoisement quand elle lance des SOS...
Les gentils, en femmes indépendantes, résistent vaillamment aux agressions patriarcales. Ella et sa tante Helen sont des démocrates conscientes qui défendent le bien commun. Mais la belle doit souvent retirer un caillou de sa chaussure, voyez l'affiche ! Car l'Amérique demeure et restera un Paradis terrestre, comparé aux démons de l'Axe du Mal (Iran, Corée du nord, Irak de Saddam Hussein).
Le duo d'actrices Emma Mackey et Jamie Lee Curtis porte le film avec brio et Kumail Nanjiani joue un garde du corps à la hauteur. Dans ce divertissement idéaliste, je sauve aussi le soldat Casey, frère d'Ella, archinul pour communiquer. Enfermé chez lui, Mister Hyde devient millionnaire en gérant un site de paris en ligne. Mais son côté Dr. Jekyll renoue avec sa fiancée noire, absurdement perdue de vue.
A la fin 2008, Barack Obama triomphera. Dieu sauve le dollar et l'Amérique ! Chez Walt Disney, pour les gentils tout est bien qui finit bien.