Sur la fiche Wikipedia du film, on peut lire ceci : « La sortie mondiale, prévue en 2026, est annulée à la suite des mauvais résultats aux États-Unis. Le 23 janvier 2026, Disney annonce que la sortie du film se ferait sur leur plateforme à partir du 5 février 2026 en France au lieu d’une sortie au cinéma prévu initialement le 7 janvier 2026. Mi-avril 2026, il est annoncé que le film connaîtra une sortie limitée en France durant deux jours : le 15 et 16 mai 2026 ».
On aura donc eu le privilège d’assister à l’une de ces projections. Je ne sais pas s’il existe des précédents, si on a déjà vu un film se faire boulotter de cette manière-là. Mon cinéma l’avait d’ailleurs programmé sur sa gazette en début d’année avant de renseigner en ligne son annulation de la programmation. Jamais vu ça.
Ella McCay est le dernier film en date de James L. Brooks, 86 ans, qui n’avait plus tourné depuis 2010 et son très surestimé Comment savoir. Certes il ne retrouve pas le niveau de son chef d’œuvre, Tendres passions, mais il revient en bonne forme avec cette histoire de famille et de politique, prise sous l’angle d’une jeune juriste propulsée gouverneure d’un État jamais nommé.
C’est un beau film sur une masculinité toxique incarnée ici par trois personnages, son père, son mari et son prédécesseur, chacun œuvrant leur toxicité à leur échelle. Et pourtant, Brooks fait exister des intrigues parallèles et notamment une retrouvaille de couple, entre le petit frère d’Ella et son ex petite amie : ce sera la plus belle scène du film.
On y retrouve son art du dialogue et d’un ton qui oscille en permanence entre le franc rire et les discrètes larmes. Il y a du Capra, chez Brooks, indéniablement. Alors, son analyse politique n’est pas la plus aiguisée, son approche des dysfonctionnements familiaux pas des plus subtile, mais il y a de beaux personnages, des scènes un peu insolites et un tempo fiévreux qu’on est ravi de retrouver à Hollywood.
C’est (sans doute) un point final de cinéaste américain démocrate, Ella McCay. Et c’est déjà pas mal, en soit. D’autant qu’il est accompagné d’un magnifique casting évidemment avec Emma MacKey, Jamie Lee Curtis, Woody Harrelson, Ayo Edebiri. Film un peu anachronique mais c’est peut-être ce qui en fait sa réussite.