Ce documentaire de 50 mn nous raconte l’histoire d’Elvis et de Priscilla Beaulieu, de leur rencontre alors qu’Elvis fait son service en Allemagne et qu’elle n’a que 14 ans, au mariage jusqu’à leur séparation par un divorce à l’amiable en 1973. On n’apprend pas franchement de révélation sur leur histoire bien connue, sans doute moins romantique et improvisée que la légende ne l’a laissé penser. On a droit, comme souvent, à des scènes reconstituées avec une Priscilla Beaulieu ado en train de se coiffer et de se maquiller (ça a le don de m’agacer…). En guise de rencontre due au hasard, on comprend vite que les parents Beaulieu ont tout fait pour encourager la liaison de leur fille avec Elvis. Le mariage a lieu en 1967, 9 mois plus tard une petite fille naît, Lisa Marie. En réalité, malgré la complicité de façade, le mariage est vite un naufrage, Elvis reprenant vite ses aventures de coureur de jupon invétéré.
Le plus intéressant est à la fin mais il n’est qu’évoqué en quelques minutes, c’est ce qui se passe après la mort d’Elvis en 1977, Priscilla prenant la tête de « l’Empire Presley » jusqu’à ce que sa fille ait 25 ans. Car c’est bien d’un empire qu’il s’agit, entre les disques qui continuent de se vendre comme des petits pains chaque année à coups d’inédits plus ou moins intéressants jusqu’à aujourd’hui, des droits sur les films, et tout le merchandising autour de la personne du King (visite de Graceland…). Priscilla veille précieusement dessus, en femme d’affaires très avisée et ne laissant rien passer qui pourrait remettre en cause la version « officielle » (LA sienne !) de son histoire d’amour avec Elvis. Elle attaque en justice systématiquement toute personne qui n’irait pas dans le sens de ce qu’une biographe nomme « a fairy tale version », version édulcorée de leur histoire (« Priscilla n’a perdu sa virginité qu’au mariage », « leur rencontre n’était due qu’à un heureux hasard »…). On pourrait s’en moquer mais les enjeux financiers bien plus qu’artistiques sont absolument gigantesques. Elvis ou comment un artiste génial qui a révolutionné la musique populaire du XXe siècle est devenu après sa mort une marque déposée (oui, oui !), le produit d’une multinationale très rentable dont tous les rouages doivent tourner sans le moindre grain de sable. Et le produit doit continuer de faire rêver les fans du monde entier. Priscilla est là pour y veiller. Il est dommage que le documentaire ne porte pas entièrement sur « la marque Elvis », ça aurait été tellement intéressant, beaucoup plus que ce qu’on a là.