Emma n'est pas le plus célèbre des romans d'Austen. C'est un roman assez dense et qui comporte bien des aspects amusants.
Le téléfilm de Diarmuid Lawrence reste très fidèle à l'esprit du roman même s'il s'attache plus particulièrement au chemin que doit parcourir Emma pour redescendre de son piédestal de jeune femme aisée, célibataire, imbue d'elle-même et pleine de certitudes vers un état de jeune femme, sinon modeste, au moins capable d'un minimum de compassion vis-à-vis d'autrui. Elle qui se croyait au-dessus des lois de la nature va se retrouver piégée par cette même nature.
Pour cela, le téléfilm traduit très bien la succession de revers que doit subir Emma qui s'improvise en marieuse. Le problème est que son manque d'expérience de la vie et des gens tout simplement, lui fait commettre de graves erreurs de jugement. L'actrice Kate Beckinsale, dans un de ses premiers rôles, est parfaite dans sa façon de manipuler les gens sans prendre en compte leur personnalité propre, générant ainsi des quiproquos que le spectateur est seul à voir venir. L'acteur qui joue le rôle de Knightley (Mark Strong) qui est, à la fois, le confident et l'ami protecteur d'Emma est très convaincant. Quant au rôle du père d'Emma, M. Woodhouse, vieux grincheux mais un peu à l'ouest, il reflète bien le personnage du roman, à qui tout le monde passe les petits caprices. Il ajoute une certaine dose d'humour au film.
Les décors et la mise en scène dans la campagne anglaise, verdoyante et fleurie, rendent l'adaptation du roman très agréable à regarder.