Poussé par une certaine curiosité morbide – autant par intérêt pour le parcours d’Audrey Diwan après "L’Événement" que pour mesurer l’ampleur du supposé ratage –, il ressort rapidement que les intentions et le propos sont particulièrement opaques conférant un côté hermétique au long-métrage.
Si l’esthétique léchée et la présence de Noémie Merlant (qui mérite mieux que ce rôle sous-écrit et par conséquent sous interprété) apportent un minimum d'intérêt à l’ensemble, cette réinterprétation post MeToo et féministe (pas convaincu par ces deux grilles de lectures) d’"Emmanuelle" peine à trouver sa raison d’être.
En voulant explorer l’absence de désir, la froideur et la difficulté de la connexion intime, le film se prive de toute véritable fascination érotique voir même de toute émotion (encéphalogramme au plus bas). Les longues déambulations dans l'hôtel de Hong Kong, les scènes de sexe d'une grande froideur (intentionnel mais raté; on préfèrera se revoir "Crash" ou "Eyes Wide" Shut pour l'évocation de l'absence de désir) et le manque d’alchimie entre les personnages (l'acteur principal a le charisme d'une huitre) finissent par produire un objet profondément fade, certes élégant mais qui ne satisfait ni comme film sensuel, ni comme proposition artistique (le bide critique et publique n'est ainsi pas étonnant).