Enemy mine s'avère un film de science-fiction sympathique, pour peu qu'on soit bon public, parce que le scénario, il y a des fois, c'est un peu limite, et au moins une fois où il déraille complètement.
Cela commence comme un Star wars, on ne peut pas ne pas y penser, avec une voix-off à la place de l'histoire qui défile. Mais la piste s'avère fausse : ce n'est pas ici un space opera plein de bruit et de fureur. Le film devient vite une robinsonnade, avec un homme et un extra-terrestre tachant de survivre sur une planète inconnue.
Il s'agit donc de trouver comment se nourrir, comment s'abriter face aux tempêtes de météores (qui ne surgissent que pour les besoins du script) qui ravagent la planète, comment se défendre face aux espèces indigènes. Le film vire de plus en plus au mélodrame. Il faut apprendre à se connaître, passer outre l'hostilité qui existe entre les deux espèces.
On passera sur cette énième planète à l'air respirable pour les deux espèces, sans problème de gravité. Si on commence, il faudrait aussi jeter tout Star wars aux oubliettes. Là où le scénario fonctionne moins, c'est :
Sérieusement, au bout de trois ans un vaisseau de sauvetage qui, sans aide aucune trouve, par hasard, le corps inanimé pile au bon moment? Au-delà du sens du timing, c'est donc une si petite planète? "Never tell me the odds", dirait Han Solo! Il suffisait pourtant d'une simple petite idée : qu'ils soient à la poursuite des contrebandiers, et la scène fonctionnait, ainsi que la fin.
Quand même (pour ceux qui ont lu le spoil), il y a là de quoi faire voler en éclats la suspension d'inrédulité la plus solidement ancrée! C'est là qu'on voit que le scénario n'est clairement pas abouti.
Malgré cela, et malgré une perte de rythme certaine à un moment, le film reste appréciable, pour son côté série B qui se prend entièrement au sérieux, c'est une chose qui n'existe plus tellement aujourd'hui, ce genre de petit film sans prétention et sans second degré (mais pas sans humour), et c'est bien dommage.