De manière générale ce documentaire ne marche pas très bien. Le format de micro-trottoirs en groupe ne permet pas aux sujets de bien exprimer le fond de leur pensée. Ça étaye la thèse du film — l'italien moyen ne veut et ne sait parler du sexe — mais en fait un objet cinématographique pas particulièrement intéressant.
Je trouve un peu grossière la façon dont Pasolini veut clore le film : le prolétariat politisé et la jeunesse auraient une approche de la sexualité ancrée dans le réel et loin des mystifications propres à la classe moyenne et la bourgeoisie. En théorie pourquoi pas, mais le propos ne colle pas vraiment aux exemples que l'on voit à la caméra.
D'une autre façon, je pense que les conversations avec Moravia et autres penseurs sont assez inconsistantes. Elles sont censées combler les non-dits du film mais consistent surtout en des extrapolations généralistes que le film n'étaye pas.
Il y a quand même quelques scènes qui fonctionnent bien ! Particulièrement celle où Pasolini demande à des jeunes dans une soirée dansante s'ils se sentent différents des autres. Tout le monde acquiesce et revendique son individuation. Il leur demande ensuite s'ils sont différents des autres italiens d'un point de vue sexuel, et c'est maintenant la normativité la plus exemplaire qui est brandie.
J'aime aussi beaucoup la scène où un gugusse décrit (en mimant) une fellation et Pasolini doit censurer l'audio. Ça arrive genre 5 fois dans le film. C'est ouf les plages italiennes.