Les timbrés qu’on croise en bagnole, voilà un sujet qui est tout à fait d’actualité. Bien sûr, le film va au-delà de cette problématique. Le personnage qu’incarne Russell Crowe a un vrai gros grain et il ne pète pas seulement un plomb derrière son volant. L’introduction du film le montre ainsi dessouder les habitants d’une baraque avant de la faire voler en éclats. C’est malin car cela justifie totalement la réaction démesurée du type quand on le klaxonne vivement. Ce thriller est, et cela se voit très vite, bien fichu. Il démine les soucis de vraisemblance qu’il pourrait poser au fur et à mesure d’un scénario vraiment bien pensé. Les questions de portables, de police et d’autres moyens d’être aidé en pareille situation sont traités avec intelligence. Il en résulte un film, évidemment excessif comme le genre le réclame, mais toujours crédible.


Mais le plus gros crédit qu’on peut accorder à ce film est son réalisme. Enfin, dans un film où les bagnoles jouent un rôle primordial, on ne se contente pas de filmer des acteurs changer de vitesse avec des plans ultra courts pour donner l’illusion de vitesse. Ici, il y a de la vraie cascade avec de longs plans pour en souligner l’exécution. Bien entendu, on y trouve du numérique, mais c’est vraiment à la marge et, par bien des aspects, le résultat sait renouer avec les films de genre des années 70 tout en modernisant les enjeux. Alors que ce type de récits se déroulent habituellement dans des zones isolées (Duel évidemment), le parti-pris urbain permet de dérouler un message contemporain. C’est la véritable réussite d'un film qui, s'il enfile de nombreux lieux communs, est d'une réelle efficacité.


Dans le rôle du vilain de service, Russell Crowe est vraiment parfait avec son physique impressionnant et la violence qui s’en dégage. Caren Pistorius, en victime qui va puiser dans son instinct de survie, mêle avec aisance fragilité et rage. La réussite du duo était, de toute façon, capitale pour la réussite du film. On retrouve, bien entendu, derrière tout ça, la ritournelle du mec dans sa grosse caisse qui ne supporte pas qu’une gonzesse dans sa petite bagnole lui fasse une remarque, mais le film n’est pas non plus un manifeste féministe pour autant. Autant de bons points pour cette série B de luxe nerveuse qui atteint son but haut la main. Un vrai divertissement de qualité qui, même s’il est aussi vite oublié, a de solides arguments à faire valoir.


Play-It-Again-Seb
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le 14 janv. 2023

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PIAS

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