EO, un âne gris aux yeux mélancoliques, fait diverses rencontres, des gens bien et d’autres mauvais. Il fait l’expérience de la joie et de la peine mais à aucun moment, il ne perd son innocence.
Montrer les humains (aussi bien les bons comme les moins bons côtés) à hauteur d’animaux, qui plus est, tout en filmant le quotidien de ceux qui nous scrutent et nous subissent sans rechigner, l’idée était louable, mais sans nul doute aurait-elle était plus intéressante sous la forme d’un documentaire plutôt qu’une fiction. Je pense notamment à des films tels que Gunda (2021) de Viktor Kossakovsky ou Cow (2022) d'Andrea Arnold, avec lesquels j’ai beaucoup plus accroché.
Fortement inspiré par Au hasard Balthazar (1966) de Robert Bresson, le réalisateur polonais Jerzy Skolimowski (Essential Killing - 2011) nous entraîne dans une sorte de road-movie-ovniesque qui s’affranchit de toute narration classique pour mieux nous perdre. Dénoncer la cruauté animale est bien évidemment une très bonne chose, mais était-ce nécessaire de le faire sous cette forme, j’en doute. Le réalisateur y va avec ses grands sabots, sans la moindre demi-mesure, sans parler des séquences parfois hors sol (notamment la séquence avec Isabelle Huppert, dont on cherche encore l’utilité).
Alors certes, esthétiquement parlant, il y a de très bonnes choses, des cadrages qui sortent de l’ordinaire et une qualité photo soutenue, mais tout cela au final, ne parvient pas à sauver EO (2022) de son propre marasme, un joli encéphalogramme plat où l’ennui prédomine.
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