On pourrait avoir quelques doutes sur le romantisme de la ville de Varsovie, choisie pour réaliser ce film. En tout cas ce qui est sûr, c’est que son énergie a clairement été saisie, tout comme celle des relations.
En 70 petites minutes, Pete Ohs expose deux visions des rapports amoureux. D’un côté le copain gentil mais chiant, complètement niais et naïf. Celui qui n’a rien fait de mal, mais qui malheureusement n’a rien à proposer d’électrisant. À l’inverse, une relation éphémère, en l’occurrence ici avec Nel, ouvre la porte à la découverte et à l’expérimentation, où l’on vit des instants exclusifs qui nous marquent le reste de notre vie. Cette opposition irrigue la représentation de Varsovie. Avec son petit ami, la ville se résume aux monuments touristiques, propres et incontournables mais qui manquent d’âme. Tandis qu’avec Nel qui connaît la ville et ses habitants par cœur, l’environnement devient un terrain de jeu où boîtes obscures nous font vivre des expériences bien plus intimes.
Sur fond d’un faux mysticisme volcanique et d’une musique elle aussi divisée en 2 mouvements, Pete Ohs s’immerge dans Varsovie au rythme de Bet, brillamment interprétée par Charli XCX pour son premier rôle, malgré un manque cruel de Żabka. Ici on ne raconte pas grand chose, on cherche simplement à assumer la banalité d’un couple en manque de frisson. Ces moments de vie et cette mise en scène minimaliste laissent la canicule et la ville faire émerger la dualité qui traverse les relations du film.