Une tranche de Varsovie. Une ville plus romantique que Cracovie ou même Paris ? Cela se discute. Eruption divertit par sa fraîcheur, sa spontanéité et son portrait sentimental de la capitale polonaise. Par sa colorimétrie, aussi. Sinon, sa légèreté frise l'inconsistance dans des relations sentimentales évanescentes qui vont et qui viennent, sans que le film donne une dimension véritablement éruptive à son récit, dans un air du temps volatil, si ce n'est par ses références bigarrées aux colères de l'Etna, mais Varsovie est bien loin du volcan. Rien de charnel ni même d'émotionnel ne semble perturber la petite musique du long métrage de Pete Ohs, vaguement réminiscent du cinéma de Jonás Trueba ou, bien entendu, de la Nouvelle Vague française, avec cette voix off sans affect qui énumère faits anodins et informatifs, censés amener un peu d'humour à l'ensemble, ou pas. Eruption reste agréable et un peu inoffensif, avec des comédiens qui en font peu, mais bien, avant de clore les débats au bout de 70 minutes d'un voyage somme toute apaisant. Que la vie et les sentiments soient compliqués, que l'imprévisibilité soit un meilleur piment que la stabilité et que l'existence se nourrisse d'expériences et de coïncidences, il n'y a pas de raison d'aller contre et le film permet de se lover dans son élégance ouatée et formaliste, sans nous déranger outre mesure, mais sans nous toucher plus que ça, non plus.