Avant même que le film ne commence, on sait que la paranoïa sera le moteur principal de l’action. Normal, vu que c’est adapté d’un livre de George Markstein, lui-même ancien espion, et par ailleurs auteur de la célébrissime série Le prisonnier, crée avec Patrick McGoohan.
L’imbroglio est de taille et c’est tout l’intérêt. Comme le personnage principal, agent français basé en confédération helvétique, on ne comprend pas clairement ce qui arrive. Hormis que tout bascule autour de lui. Ces collègues sont abattus les uns après les autres, tandis qu’il passe d’agent «dormant» à actif sans comprendre qui l’invite à reprendre du service et pourquoi. Et ce n’est pas ce haut-fonctionnaire mielleux et omniprésent qu’incarne Michel Piccoli qui l’éclairera, vu qu’il parait encore plus dangereux que le reste du casting.
On retrouve nettement le dispositif du Prisonnier. Personne n’est fiable, le personnage est livré à lui-même, il ne sait pas qui tire les ficelles parmi ses ennemis. Pas davantage qu’il ne peut se fier à ses propres services. Contrairement au Prisonnier, il ne dépend pas d’un seul «numéro 2», mais d'un tandem. Sauf que le premier ne cesse de le mettre en garde contre le second, et réciproquement.
On ne comprend pas tout dans le détail, mais ça n’importe pas tant que ça. Et même si le film a une petite baisse de rythme vers la fin, notamment une scène dans une boite de nuit pas du tout crédible, et qu'il parait un peu daté par moments, Espion, lève-toi reste un très bon thriller bien paranoïaque.