Les westerns nous présentent le plus souvent une amérique caricaturée par la cupidité de l’argent, voir même d’une avidité, opposant les hommes et leurs concepts moraux.
Sergio Leone ne cible pas entièrement son regard sur cette dérive morale. Mais il nous introduit à une vision où un hors la loi, un chasseur de prime ou même un shérif sont tout autant responsables du vice de la société américaine. Chacun occupent sa place, et font tout pour écraser les autres. L’égoïsme est un langage humain quand l’argent se présente devant eux.
Il ne s’agit pas de reproduire et montrer l’amérique de la guerre de sécession, même si quelques clins d’oeils y sont fait. Mais il s’agit aussi d’un appel à l’amerique des années 60, où se forger un nom et s’enrichir devient un éponyme de cette société. Certains veulent devenir riches d’autres tuer pour le plaisir, et certains veulent se venger.

Du grand Leone avec des plans et du cadrage d’une grande expérience, nul autre homme ne sait aussi bien manipuler le désert et les villages abandonnés du far west à l’écran. Le rythme sonore silencieux, où le bruit des bottes et le cliquetis des revolvers nous amène vers un choix musical exceptionnel. Quoi de mieux que Ennio Morricone pour intensifier la tension des faces à faces et la narration du style légendaire des westerns.

Du côté scénaristique, avec les longues scènes de duels emblématiques et caractéristiques des westerns, Sergio Leone les cibles sur les regards. Comme dans le bon la brute et le truand, Clint Eastwood et lee van cleef incarnent parfaitement ces mercenaires au poncho et au holster connaissant la mort, comme s’ils l’avaient déjà vécue. C’est ce regard vide, sans humanité, qui nous fait comprendre que par un simple coup de gâchette, la vie se termine. Les deux personnages sont pourtant très différent. L’un est jeune et pense que la valeur pécuniaire régit le monde, tandis que l’autre, cabossé par la vie, n’a plus rien à perdre et cherche à être en paix. Mais ces deux se complètent et ont besoin l’un de l’autre, car plus on est plus on ri. La grande question que nous interroge ce film est de savoir si quelque chose vaut plus que de l’argent.

Très simple à regarder mais à ne pas sous estimer par une simplicité qui paraît explicite. Un film non à comprendre mais à ressentir et à profiter, de l’art purement américain.

BMaxence
9
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le 29 mars 2026

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