Été précoce est un des nombreux classiques de la filmographie du géant du cinéma nippon Yasujiro Ozu. Le film débute par une formidable scène familiale de petit-déjeuner, avec cet objectif qui saute de pièces en pièces suivant tour à tour différents membres d'une "famille-type" japonaise, tout l'art du découpage/montage est déployé pour cette entrée en matière. Le scénario est assez classique concernant le style Ozu montrant le quotidien de plusieurs personnages (famille, amis, collègues et voisins) par petite touche, sans excès mélo ou d'action, les remarques envers la fille toujours célibataire à 28 ans (motif récurrent chez Ozu), l'impertinence des bambins, les soirées arrosées (assez discrète) et les nombreux repas. Si l'on retrouve déjà le style caractéristique et personnel du cinéaste dans Été précoce, il faut mettre l'accent sur le dynamisme du montage, à l'image de la scène d'ouverture, plus rythmé qu'à l'accoutumée. Le cinéma d'Ozu m'a depuis toujours énormément plu, du "feel-good" avant l'heure, amène automatiquement le sourire et la bonne humeur avec une telle simplicité que cela tient du génie.