Eva rit de ce Gallois (on pourrait même dire qu'elle se gondole) ...

... Nous moins, en subissant cette énième variation, un peu poussive de La Femme et Le Pantin. On connait d'avance toutes les péripéties et tous les enjeux de ce genre d'histoire. Guère de surprises donc et peu d'empathie pour ces personnages veules, cruels, cyniques et d'une vulgarité assommante. Argent et sexe à tous les étages de maisons ou d'hôtels clinquants et faussement classe.
Rien d'étonnant, l'histoire venant d'un roman de James Hadley Chase, qui n'a jamais brillé par sa subtilité. On est bien loin du venin et de l'ambiguïté de ''The Servant''. Comme quoi un véritable auteur, comme Pinter, peut vraiment faire la différence.
La construction du film semble brouillée, l'ordre des scènes presque aléatoire, on ne sent que trop peu la progression logique de la plongée dans la déchéance du personnage masculin principal, plutôt maladroitement incarné par un Stanley Baker trop virilement monolithique (ou monolithiquement viril).
Restent deux belles actrices (on comprend l'hésitation du personnage entre Jeanne Moreau et Virna Lisi, la mégère et la martyre professionnelle) à l'interprétation remarquable, malgré l'outrance un brin tapageuse des personnages. (surtout celui de Moreau, hélas, à la limite de la caricature, même s'il est remarquablement bien défendu par l'actrice).
On attribuera également un accessit à la très belle photographie de Gianni Di Venanzo et Pasquale De Santis qui ont travaillé avec les plus grands (Fellini, Visconti, Rosi, Antonioni, Bresson, De Sica, Scola, Zefirelli, excusez du peu !!). Ils ont su, grâce à leur noir et blanc voluptueux et à leurs cadrages sophistiqués nous montrer la beauté des hauteurs de Rome et le charme vénéneux, la sensualité décadente d'une Venise baignée de gris hivernaux et désolés.
Assurément la plus belle réussite d'un film hélas gâché par un scénario par trop convenu et sans aspérités.

Melenkurion
6
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Films Anglais (1940-1975) vus et MADAME Jeanne Moreau

Créée

le 18 nov. 2016

Critique lue 1.1K fois

Melenkurion

Écrit par

Critique lue 1.1K fois

10

D'autres avis sur Eva

Eva

Eva

6

Melenkurion

208 critiques

Eva rit de ce Gallois (on pourrait même dire qu'elle se gondole) ...

... Nous moins, en subissant cette énième variation, un peu poussive de La Femme et Le Pantin. On connait d'avance toutes les péripéties et tous les enjeux de ce genre d'histoire. Guère de surprises...

le 18 nov. 2016

Eva

Eva

4

Caine78

8555 critiques

Passion peu passionnante

Je ne nie pas un réel talent de Joseph Losey dans la réalisation, ni une certaine audace dans le propos, « Eva » étant tout sauf politiquement correct, et ce jusqu'à la dernière minute...

le 10 sept. 2018

Eva

Eva

9

Teklow13

521 critiques

Critique de Eva par Teklow13

Tyvian Jones (Stanley Baker) est écrivain, personnage d'apparence dur et sans scrupules qui bénéficie d'une réputation usurpée, possédant comme seul talent celui d'avoir apposé son nom sur le travail...

le 15 mai 2012

Du même critique

Petite Fille

Petite Fille

3

Melenkurion

208 critiques

Une fille au masculin, un garçon au féminin

Je vais mettre les pieds dans le plat, car ce film m'a profondément irrité. Je l'ai en effet trouvé malhonnête dans son refus de montrer autre chose que l'avis forcément biaisé de la famille de...

le 4 déc. 2020

La Maison des étrangers

La Maison des étrangers

7

Melenkurion

208 critiques

Quand Mankiewicz fait ses gammes ...

Un Mankiewicz mineur sera toujours meilleur que beaucoup des films hollywoodiens de la même époque, même s'il en possède certains travers et qu'il emprunte certains de leurs stéréotypes. C'est bien...

le 23 août 2015

La Valse dans l'ombre

La Valse dans l'ombre

4

Melenkurion

208 critiques

Waterloo Bridge, morne plaine...

Incroyable de constater qu'aucun des admirateurs de ce film (et on dirait bien qu'il n'y a que çà sur ce site) n'ait souligné la morale nauséabonde qui le sous tend : l'héroïne a péché, elle devra...

le 3 déc. 2018