À la différence des dizaine et dizaine de biopic musical de ces dernières années, Everybody digs Bill Evan (Tout le monde aime Bill Evans) ne traite que d'une partie de la vie de l'artiste et pas n'importe laquelle: celle où il n'est plus en capacité de faire de la musique.
Bill Evans est un pianiste et compositeur de jazz vivant à New-York et déjà très reconnu dans le milieu. Avec le contrebassiste Scott LaFaro et le batteur Paul Motian, ils forment un trio révolutionnaire . L’histoire commence avec le décès de Scott qui affecta tant Bill qu'il cessa de faire de la musique.
Le film traite donc principalement du deuil et de comment le surmonter grâce à l’aide de ses proches qui l’aiment et veulent tous l’aider. Sa dépression se manifeste par l’apparence physique du pianiste, qui nous apparaît amaigri et pâle, mais surtout par une forme de mutisme et très peu de lignes de dialogue de sa part. La force du film ne réside pas dans sa caractérisation du personnage principal mais surtout dans celle de ses proches. On remarque que le réalisateur, dont c'est le premier long-métrage (il a principalement réalisé des documentaires musicaux et clips) s'est donné à cœur joie avec les personnages des parents du pianiste, là où il était moins libre avec l'écriture de Bill Evans. La mère et le père son respectivement briallment interprété par Laurie Metcalf et Bill Pullman. On ressent beaucoup d’empathie pour cette mère qui se donne pour son fils et ce père maladroit mais aimant.
La photographie du noire et blanc est magnifique, certains plans donnent l'impression de vraies photos figées dans le temps. Malheureusement, les aspects en couleurs ne donnent pas le même effet.
En conclusion, Everybody digs Bill Evans est appréciable même en ne connaissant rien à la vie du musicien. Néanmoins, le film est lent, trop lent, et parfois le choix d'inclure certains éléments de sa vie comme l’histoire avec sa petite amie (et leur problématique d'avoir un enfant qui sort de nul part) alourdit le sujet.