The plague est le premier long-métrage de Charlie Polinger et il est bluffant. Le film se met au niveau de pré ados et tiendra ce point-de-vue jusqu’au bout. On suit Ben, 13 ans, qui rejoint un camp d’été de water-polo. A travers ses yeux naïfs et innocents, le spectateur est plongé dans un groupe de jeunes garçons qui ostracise l’un d’eux car il a la “peste”, et attention c’est contagieux.
Le rythme du film est maîtrisé car tout au long de ce dernier on suit Ben dans sa descente aux enfers mais qui tente malgré tout de rester intégré et de respecter ses valeurs (ou presque). On retrouve les codes du film d’horreur, de la masculinité et du coming-of-age.
Dans ce film la "peste" revêt plusieurs significations: le passage à l’adolescence à travers des éléments de body horror, l'apparition d'un véritable problème de peau, etc. Toutefois, la véritable peste qui est traitée dans ce film, celle qui ronge et infeste ce cercle de jeunes garçons, correspond la tentation de devenir à leur tour des harceleurs pour ne pas être exclus.
La tension monte en crescendo tout au long du film, on s’attend à tout moment à ce que la situation leur échappe et explose. Aussi, le film se déroule quasiment en huis clos dans l’enceinte du camp d’été, ce qui renforce cette impression d’être pris au piège.
Le spectateur s’identifie forcément aux situations mises en scènes, même si tout le monde n’a pas été un garçon de 13 ans pratiquant le water polo, le besoin de s’intégrer dans un groupe est un sujet universel qu’on peut retrouver à tout âge.
Les musiques du film servent la mise en scène. Les plans sous l’eau, que ce soit pendant les sessions de water-polo ou de natation synchronisée sont maîtrisés et d'une grande beauté.. La colorimétrie et l’aspect triste des locaux ajoutent au manque d’humanité qui traversent le film.
Le gros point fort est évidemment la direction d’acteurs qui est bluffante. Le plus impressionnant est la capacité à filmer les enfants, des pré-ado, alors que c’est le premier film du réalisateur. Mention spéciale à Kayo Martin, l’interprète de Jake, qui arrive à être à la fois terrifiant et insupportable seulement en quelques micro mimiques.
On peut trouver quelques faiblesses dans le scénario comme l'absence d’adultes qui gèrent les enfants dans leur quotidien. Mais encore une fois, cet aspect ajoute à l’isolement que peuvent ressentir ces garçons.
En résumé: un film d’une intensité terrifiante et bouleversante qui parle à tout le monde.