Avec Everyday, Michael Winterbottom choisit la simplicité du réel : un père en prison, une mère qui élève seule leurs enfants, et les années qui passent, doucement. Le film, tourné sur cinq ans avec les mêmes acteurs, capte le temps comme peu d’œuvres savent le faire. Cette idée forte donne au récit une authenticité rare — les saisons défilent, les visages changent, la vie continue.
Mais cette approche quasi-documentaire a ses revers. À force de retenue, le film devient parfois trop distant. L’émotion, bien que présente par instants, reste en sourdine. Personnellement, j’ai été sensible à cette pudeur, mais aussi frustré par le manque de tension narrative. On reste en surface, là où un peu plus d’intensité aurait pu transformer l’expérience.
Shirley Henderson est remarquable de justesse, et les enfants, malgré quelques maladresses, apportent une vraie sincérité. John Simm, lui, reste en retrait, à l’image d’un film qui préfère observer plutôt que raconter.
En résumé, Everyday est une belle tentative de capter la vérité du quotidien, mais qui laisse une impression d’inachevé. Touchant, oui, mais un peu trop discret pour vraiment marquer.
Note : 6.5/10