Métamorphose du divertissement simplet en objet de cinéma

Forcé de constater que les personnes qui m'ont conseillées le film avaient raison. J'en avais entendu des échos incroyablement positif mais après avoir vu la bande annonce j'avais tout de même quelques rétisences vis à vis de l'action gonflé au effet numérique ou du caractère comique du film.


Mon titre un peu pompeux est le symbole de mon opinion sur le film, qui s'est constituée en trois temps:


D'abord j'ai beaucoup aimé l'intro qui caractérise efficacement des personnages et une situation familiale.


Ensuite j'ai été mitigé sur la première heure à cause d'un côté Matrix en moins bien teinté d'humour parfois un peu claqué (genre sur le nom du "méchant principal") et des scènes d'action que j'avais mal présenties dans la bande annonce et qui se révèlent, pour évacuer ce point négatif, bien corégraphiées et découpées de façon très lisibles mais systématiquement accéléré au montage ce qui leurs donnent un côté trop faux, trop lisse et pas assez maîtrisé alors qu'elles auraient pu être excellentes. Je rajoute aussi à ça le fait que ça se déroule pendant pas mal de temps dans des bureaux qui manquent un peu d'âme et ça n'aide pas à rendre impactante l'histoire et les nombreux affrontements (en dehors de celui où le "méchant" se pointe pour la première fois qui donne un vent de fraicheur au film et qui se permet d'avoir une sorte de violence quasi subversive par rapport à ce qu'on a vu avant).


Enfin, la métamorphose s'oppère véritablement dans la deuxième partie du film qui va crystaliser tout ce qui le rend brillant quand on en sort (même si mon descriptif de la première partie est un grossissement de la réalite puisqu'elle contient aussi de bonnes idées comiques et visuelles): Le film va faire ce que ne font jamais les mauvais blockbuster moderne et quasiment hégémonique (en tant que succès publique pas forcémment en tant qu'oeuvre existante car il n'y a pas que des blockbuster Marvel qui sorte), il va utiliser son concept fantastico-pop pour parler de ses personnages, de leurs différents et pour résoudre tout cela. Plus impressionnant il va transformer ses moments humoristiques de la première partie en trames annexes sérieuses qui vont permettrent au film d'aborder la dépression (nottament dans une scène drole et magnifique), l'amour et le romantisme avec une séquence particulière singeant estétiquement le style de Wong Kar Wai (du peu que j'ai vu de lui avec Chungking Express) et d'autres qui possède aussi une grande tendresse. Néanmoins le film ne sacrifie pas sa dimension spectaculaire car il continue de nous abreuver de scènes d'actions sous fond de relations familliales difficiles qui présentent des qualités dans le montage mais aussi dans l'esthétique (avec les costumes et les décors) très impressionantes en se servant de raccords mouvement pour relier différentes dimensions (qui me semble être un héritage de la théorie du montage des intervalles de Dziga Vertov) le plus fluidement possible.


Nous avons donc, en somme, un gros film de divertissement qui malgré de bonne idées peut décevoir un peu au début mais qui se révèle bien plus intelligent, sensible et aboutit qu'on ne le pense en multipliant les idées visuelles et conceptuelles pour créer du spectaculaire et en mettant en retrait les règles de l'univers inspiré de Matrix pour se focaliser sur des thèmes et des sentiments qui seront véritablement traité avec sérieux malgré ce que laissait présagé sa première partie.

KumaKawai
8
Écrit par

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Créée

le 18 sept. 2022

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