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Les noces tartares
La France brille outre-Atlantique, et pas uniquement sur les terrains de foot : après son très remarqué premier Vermines, Sébastien Vaniček débarque à Hollywood, accompagné de son coscénariste...
le 9 juil. 2026
Pour être honnête j'étais assez sceptique à l'idée qu'un réalisateur français puisse reprendre une licence aussi culte qu’Evil Dead. Certes, Jean-Pierre Jeunet nous avait déjà prouvé avec Alien Resurrection qu'un réalisateur français pouvait apporter sa propre vision à une franchise majeure. Malgré tout je trouvais que Sébastien Vaniček était encore un peu trop inexpérimenté pour porter un projet d'une telle envergure… et malheureusement j'avais raison. Evil Dead Burn est à la fois le film le plus ambitieux de la saga mais aussi selon moi le moins réussi et ce pour plusieurs raisons.
Pour la première fois depuis la trilogie de Sam Raimi deux films s'inscrivent à nouveau dans une même continuité. Parce que oui, Burn fait directement suite à Evil Dead Rise, notamment avec le retour de Jessica la jeune femme du lac aperçue dans l'introduction de Rise (celle qui se sabre le crane avec un drone.) Je trouve cette idée plutôt intéressante car elle permet d'apporter davantage de cohérence et de profondeur au film. Sauf que malgré l'intention de bien faire finalement le film ne raconte rien. En plus de cela c'est l'un des rares films de la franchise à remettre en avant la dague kandarienne et une fois de plus malgré l'idée que je salut, c'est un raté car déjà que le nouveau design est raté, on dirait plus un couteau de Schlague qu'une relique démoniaque. Si vous êtes à votre premier Evil Dead il n'y a absolument aucun lore d'expliqué concernant la dague ou le pourquoi les Deadites existent, ce qui est regrettable.
Commençons par l'intro qui n'est pas trop mal dans le fond, mais bon j'ai toujours dit que les réalisateurs français étaient obligés de mettre des culs, des teubs et des nibards dans leurs films sinon ils s'arrêtaient de respirer, eh bah je ne me suis pas trompé. Dès les 15 premières minutes on a un gros plan sur un boulard taille XXL qui nous fait son meilleur twerk (en boîte de nuit ok, mais à quoi ça sert ?). On a ensuite une présentation assez classique des personnages et par conséquent on a le début d'une la loooongue liste de moments où on va forcer sur le fait que la perso principal est FRANÇAISE !! Parce que oui !! Cocorico le film est FRANÇAIS !!! On a des musiques FRANÇAISES !! Will, le compagnon de notre héroïne qui a fait un voyage à PARIS !!! qui adore la nourriture FRANÇAISE !!! Qui a rencontré sa femme FRANÇAISE !!! Un clin d'œil aux origines du film car on est fier, pourquoi pas mais le dire 15 fois par demi-heure ça devient juste de l'auto-branlette.
Le film commence « réellement » lorsque Will se fait tuer puis posséder par un Deadite qui lui donnera pour mission de mettre la main sur la dague kandarienne afin de s'en débarrasser. Et là arrive un nouveau point : l'humour. Là où Sam Raimi maîtrisait comme un maître ce point dans sa trilogie, dans cet opus nous avons des tentatives désespérées et tout aussi mauvaises les unes que les autres. Le pire n'étant pas forcément la tentative en elle-même mais plutôt le forcing (le running gag incessant de la grand-mère avec ses sous qu'on lui aurait volés) et SURTOUT l'emplacement de ces moments « drôles ». Là où Sam Raimi les plaçait à merveille, dans Burn à chaque fois ça casse le rythme et la scène. Une scène sous pression ? Plutôt que de nous refaire descendre doucement avec la crainte que quelque chose arrive a nouveau, on va tout te niquer avec une blague relou.
Et pour ne rien arranger on a une séquence avec du rap US au crématorium. J'adore le rap hein !!! Mais je doute que ce style musical soit vraiment compatible avec ce film. Après je suis peut-être un enculé d'aigri et je devrais peut-être espérer que Art le Clown tue des lycéens sur un fond de 6ix9ine dans le prochain Terrifier. Mais là où j'ai été le plus choqué c'est lorsque le père de Will est seul à seul avec lui après la cérémonie. Lorsque Will sort de son cercueil il attaque un homme avec une hostilité qui a l'air extrêmement violente et… on ne voit rien. Oui oui, RIEN. Un Evil Dead qui censure des scènes gore. On aura décidément tout vu... Et ce n'est pas tout car on a la grand-mère qui se fait infecter par… de la salive. Alors ok lécher un dentier à pleine langue c'est crade mais bon ça reste très soft quand on sait comment beaucoup de personnages des anciens opus se sont fait malmener avant d'être infectés. Pareil une autre infection est faite par un BAISER !!! Bordel mais on va où ?! Alors ok « gngngn le bisous est crade » ok mais c'est quoi l'intérêt de cette scène ??? On est pas là pour ça !!!
Je dis pas que les idées sont toutes mauvaises non plus !! La scène du repas de famille était vraiment excellentissime !! Avec la pression et la tension qui montait de manière très pesante (et au passage le père qui joue son rôle à merveille, on dirait Jack Baker de RE7 j'ai adoré le perso qui porte le film à lui tout seul), ou bien la scène où Joseph éclate la tête de sa femme au lave-vaisselle était pas mal mais m'a fait réaliser une autre problémathique du film : Evil Dead Burn peut se montrer brutal mais pas créatif.
Là où la scène de la râpe à fromage dans Rise arrivait à nous faire sentir un picotement sur le tibia, là aucune scène n'est réellement emblématique (coucou la scène du cutter de Evil Dead 2013). J'ai parlé des blagues incessantes mais il y a aussi quelque chose qui cassait le rythme du film en permanence et c'était les flashbacks. Je pense qu'il y avait une manière plus fluide de parler de la back story d'Alice plutôt que de mettre des flashbacks avec des effets Windows Movie Maker en permanence.
Bref, le film se clôture sur Will qui après 50 km de footing arrive en tant que boss final (surprise ? non.) avec en fond la maison en feu qui m'a l'air fortement inspiré de Evil Dead de Fede Álvarez. La fin est oubliable au possible, avec le design de Will assez sympa mais pas si emblématique que les designs de base des Deadites. On dirait Surt de God of War plutôt qu'un démon kandarien. La fin nous caresse en nous donnant un espoir d'orgasme au moins une fois pour nous feinter en montrant la tronçonneuse iconique pour qu'Alice finisse par le tuer au marteau-piqueur. Une scène toujours pas gore d'ailleurs car on dirait qu'elle éclate un morceau de charbon plus qu'un corps humains. On clôture la scène avec un énième flashback inutile et par une double scène post-générique où la grand-mère possédée s'échappe en précisant que cette saloperie de FRANÇAISE va le payer. (Par pitié Sam Raimi ne lui laisse pas un autre opus.)
Grosse pensé a la dernière scène poste générique qui m'a mis hors de moi avec Ellie de Evil Dead Rise qui fait son retour. Logique après tout hein, être broyée et réduite en smoothie n'empêche pas la magie du scénario de revenir. Mais bon là je n'en veux pas à Vaniček car c'est une demande externe que je trouve malgré tout nulle à chier.
Vous l'aurez compris, énorme déception, moi qui avais énormément d'espoir pour ce film. Je trouve d'ailleurs qu'il ne devrait pas s'appeler "Evil Dead" : pas de Nécronomicon, scènes gore censurées, scène de « sale gosse » avec twerk, rap, baisers inutiles, flashbacks, pas de tronçonneuse, bref rien des codes d'Evil Dead.
À force de vouloir faire trop « différent » on finit par devenir hors sujet.
Créée
le 20 juil. 2026
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