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Les noces tartares
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le 9 juil. 2026
Critique contenant des spoils
Fede Alvarez, Lee Cronin, Sébastien Vaniček. Depuis son reboot en 2013, la saga Evil Dead, toujours produite et supervisée par Sam Raimi et Bruce Campbell, a été confiée à des cinéastes certes à leurs débuts de carrière, mais fortement prometteur. Cela permet d’avoir une saga (trilogie pour le moment) à la fois unifiée par des thématiques et des gimmicks (la course du démon en forêt en caméra subjective, le livre des morts, la tronçonneuse…) et où chaque cinéaste apporte une touche personnelle.
A l’annonce du nom de Sébastien Vaniček comme réalisateur du nouvel opus, j’étais impatient de la voir et en même temps je redoutais que la réussite de Vermines ne se renouvelle pas.
De fait, la scène d’ouverture ne m’a pas entièrement convaincu. La caméra virevolte dans tous les sens, de façon trop frénétique. L’apparition de la femme-démon est plutôt bien foutue, c’est visuellement sympa, mais ça va trop vite, ce n’est pas très marquant. En règle générale, de trop nombreux réalisateurs pensent qu’il faut commencer un film d’horreur par une scène horrifique avant même que le spectateur ne sache de quoi on parle, qui sont les personnage, où on est, etc. Je n’ai jamais pensé que ce fût une bonne idée. J’ai toujours accordé beaucoup d’importance à l’installation d’une ambiance, d’une atmosphère qui va progressivement se dégrader, d’une tension qui va s’affirmer petit à petit. Balancer des hectolitres de sang et des kilos de viscères sans préparer le spectateur, sans distiller une peur progressive, ça m’a toujours paru aussi ridicule qu’inutile.
Du coup, le début m’a laissé un peu sceptique, et redoutant la suite.
Or, la suite, c’est une grande réussite. Sébastien Vaniček va justement appliquer cela, cette montée en tension progressive avant un déferlement jouissif d’horreur ponctué de petites touches d’humour.
Après cette scène d’ouverture peu intéressante, donc, la tension retombe et on se retrouve dans une histoire de cérémonie funéraire, de crémation et de réunion de famille, avec tous les trucs qui sont le lot habituels des réunions de famille. Et là, Vaniček va enchaîner deux scènes remarquables, qui constituent le véritable départ du film. La première, c’est le repas de famille, scène longue mais cruciale car c’est là que la tension va réellement naître et prendre possession des spectateurs. Les gros plans, les faux départs, la discussion qui s’envenime, le fait de montrer que le père est déjà infecté et de repousser toujours plus son passage à l’acte jusqu’à le rendre imprévisible, l’ambiance confinée dans un espace clos, l’attention portée aux petits gestes qui sont tous lourds de menaces, tout cela fait de cette scène un grand moment. Et quand la scène s’achève, c’est le véritable début de l’horreur.
A partir de là, ça ne s’arrêt plus pendant plus d’une heure. Un déferlement incroyable, jouissif et hallucinant, avec hémoglobine, entrailles, têtes éclatées, membres coupés. Le film joue aussi beaucoup sur la présence de différents fluides, la salive, le sang et d’autres choses peu ragoûtantes; ça dégouline sans cesse, participant au caractère « dégueulasse » de l’ensemble. De plus, Vaniček n’est pas avare en gros plans : on voit les lames pénétrer dans les chair et en ressortir, les membres sont découpés devant nos yeux ébahis, etc. Enfin, contrairement à tant d’autres films d’horreur, il y a ici une attention portée à la réalisation, avec quelques plans vraiment mémorables.
L’une des grandes réussites du film tient en son casting, en particulier Erroll Shand, qui campe un père très inquiétant. Mais parmi les personnages, je crois que la palme revient à la grand mère, qui passe une bonne partie du film à nous apporter de petites notes d’humour vraiment bienvenues.
Vaniček s’amuse, et nous amuse du même coup. Il se plaît même à reprendre quelques uns des petits détails typiques de la sage et à les adapter. Ainsi, on aperçoit bien une tronçonneuse, à la fin du film, mais l’outil star de cet Evil Dead Burn reste la débroussailleuse. Par contre, bien entendu, le livre des morts est toujours là.
Plus le temps passe, plus j’aime les films qui, à travers l’horreur, parlent de choses bien quotidiennes, de traumatismes, du deuil, des violences subies pendant l’enfance, etc.
C’est bien le cas d’Evil Dead Burn qui, à travers cette histoire d’une famille qui se déchire, traite des violences conjugales.
En bref, le résultat est un très bon film, jouissif et généreux.
Et, franchement, vous en connaissez beaucoup, vous, des films d’horreur où on entend du Jacques Brel et du Alain Barrière ?
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le 9 juil. 2026
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