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Ok, on a compris : à chaque décennie horrifique, un ou des réal’ hexagonaux viennent poser leur French Touch sur un classico du genre (Aja sur La Colline a des yeux, Maury/Bustillo sur Massacre à la tronçonneuse), ce qui doit bien arranger les vloggeurs/podcasteurs FR pour avoir un invité à proximité (quitte à être plus clément avec le film ? On ne sait pas…). La surprise étant que ni Julia Ducournau ni Coralie Fargeat ne furent mise sur le coup. De là à croire que les grands noms de l'horreur préfèrent parrainer des mecs... (alors que c'est sûrement juste une coïncidence).
Le spécimen des années 2020 est donc cet Evil Dead Burn, malheureusement trop générique pour son propre bien, conservant le ton premier degré du remake tout en compilant pléthore de trouvailles graphiques déjà vues ailleurs. À l’heure où le Métier s’inquiète de l’IA, ne faudrait-il pas plutôt faire le contraire du recyclage ?
Représentatif de ce manque d’ambition : l’héroïne du film, qui est donc la troisième jeune femme blasée en trois films d’affilée (au risque d’enliser la franchise dans le trauma of the week à la longue). Sauf que là où en 2013 c’était à la fois innovant (une addict en personnage principal) et risqué (l’intransigeance des fans de Bruce Campbell à l’époque… Maintenant, plus rien à faire d’Ash on dirait), la thématique des violences conjugales/rapports de domination/relations toxiques, ici illustrée par Alice (dans un cadre hétéronormé, attention), est davantage marketable et économiquement viable à l’instant T (Jamais plus et La Femme de ménage, respectivement 350 et 400 M au box-office mondial. Il y a un créneau).
Le reste est à l’avenant : si l’ensemble est généreux en gore et sait proposer une vingtaine de minutes bien furieuses (par contre, le personnage transpercé dans le dos par une vingtaine de lames et qui se relève quelques minutes après en faisant de grands mouvements, faut l’acheter, même pour ce type de film), la plupart des effets et attaques manquent d’innovation. Quant à l’inventivité de la mise en scène propre à la saga, elle semble sortie de la James Wan School of Filming (la caméra qui se retourne, beaucoup et souvent, le plan en contre-plongée…) quand elle ne reprend pas l’idée du miroir de Contact.
Le film veut parfois se la jouer "sale gosse" (un gros plan sur un twerk par-ci, un baiser avec un Deadite par-là…), mais omet que c’est le premier Evil Dead post-Terrifier 3 et que son public potentiel en a sûrement déjà vu d’autres. En témoigne une séquence se voulant dégueu : une possédée retire le dentier de la grand-mère (avec un running-gag lourdingue), le met dans sa bouche et le replace en position initiale (gratos d’ailleurs, car un personnage embusqué aurait pu éviter ça), sauf que le tout est découpé en champ/contre-champ… En gros, ils veulent bien avoir des idées de déglingos, mais hors de question qu’il y ait des effets spéciaux pour faire illusion ou, pire, un échange de salive entre deux actrices d’âges différents sur le tournage (voir Sex Academy, nomination pour la meilleure scène de baiser aux MTV Awards 2002…). Destroy, mais pas trop non plus.
Pour le côté référentiel, la frontière entre hommage et recyclage est ténue tant le scénario semble pas mal emprunter à d’autres œuvres, que ce soit le pitch de La Malédiction de Chucky (tensions d’une famille dysfonctionnelle fraîchement endeuillée, femme en fauteuil malmenée), Evil Dead 2013 (personnage ébouillanté, possédée provoquant un accident, chien attaqué, baiser de la mort entre Deadite et non-Deadite, baston dans la salle de bain, maison en feu devant laquelle apparaît le boss final…) ou d’autres emprunts du style Storm Warning (fils de pêche et hameçons), Lake Placid (remontage d’un demi-corps sur barque), Irréversible (visage écrabouillé)… Un patchwork d’influences faisant que même les probables coïncidences peuvent sèmer le doute (plan séquence de Zombieland 2, baston dans le SUV de Deadpool & Wolverine…), si bien qu'un caméo franco-français qui avait de quoi être réjouissant en théorie rappelle qu’il était plus travaillé dans Baby Blood…
Bref, très moyen, parfois douloureux, un poil trépidant, mais trop peu fantaisiste ou innovant pour la saga. Dommage.
Créée
le 10 juil. 2026
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