Le début est laborieux. On nous balance une suite d'images à un rythme effréné, avant de se retrouver sur une barque au milieu d'un lac. Une séance de pêche qui tourne rapidement à l'horreur. Puis de basculer dans un bar avec son éclairage épileptique à nous faire saigner des yeux. En ce lieu, on assiste à un anniversaire qui vire à une violente dispute menant à un drame.


On nous en a mis plein la gueule pour pas grand chose, ou presque.


L’enterrement est une tentative laborieuse de nous faire sourire, comme la plupart de ses essais d’humour, à une seule exception. Il faut savoir faire preuve de patience avant que le film ne trouve son équilibre entre son alternance de scènes de violences savamment mise en scène et de conversations aussi imprégnées de violences afin de faire culpabiliser Alice (Souheila Yacoub), vis-à -vis de son défunt mari violent.


À travers cette famille dysfonctionnelle, Sébastien Vaniček aborde les violences conjugales. Le défunt fils aîné est le violent reflet de son père, alors que le benjamin se montre gentiment lâche. L’un ne vaut pas mieux que l’autre. La mère est sous emprise, comme les autres femmes de la famille qui cautionne leurs agissements.


En moins d'une heure, Alice se retrouve seule contre tous. Elle devient le réceptacle de toutes leurs violences et va en subir les différentes formes de la part de cette sympathique famille. En plus, elle va devoir aussi affronter celle du Terminator qui renaît de ses cendres tel le Phoenix.


Avant un final grand guignolesque, on a des scènes qui sont terriblement jouissives, comme lors d’un affrontement avec la caméra qui reste sur Alice, alors que tout implose avec fracas autour d’elle. Puis, la caméra qui s’inspire de la mise en scène de Sam Raimi, sans en faire trop, lors de la scène de l’accident de l’autre connard où elle effectue un 180°, avant de plonger dans la terreur qui se déroule au sein de l’habitacle du véhicule, sans oublier celle de la salle de bains.


Cette démonstration de force de la part de Sébastien Vaniček, donne l’impression qu'il fait étalage de tout son talent pour impressionner le cinéma américain, au risque de faire preuve d'excès. Il apporte sa french touch, au risque de jouer sur les stéréotypes. Alice fume, boit et fait preuve de vulgarité. Elle se balade en bas de jogging et basket tn. On a dépassé le stade du béret et de la baguette, cela n’en reste pas moins un cliché, surtout face à des américains qui s’habillent au quotidien comme des sacs poubelles non étanches.


Vermines savait prendre le temps de faire monter la tension, d’instaurer l’angoisse dans un huis-clos oppressant. Evil Dead Burn ne pouvait pas être dans la même veine. La saga a ses contraintes avec son cahier des charges à remplir. Dans l'ensemble, Sébastien Vaniček le fait de manière efficace, tout en apportant sa touche lors de la scène du baiser et d’autres, durant lesquelles, les corps ne font plus qu’un dans un mélange de chair, de bave et de sang. Il remplace la cabane dans les bois par une immense demeure délabrée, toujours aussi isolée. La tronçonneuse par un taille haie, ce qui est moins fun mais plus original. Bruce Campbell par Souheila Yacoub qui se montre à la hauteur.


Depuis la trilogie de Sam Raimi, Evil Dead Burn de Sébastien Vaniček est assurément le plus efficace de la saga. Un bon film de genre et saignant à point.


Par contre, la scène post-générique n’est pas vraiment nécessaire et ouvre le champ au Evil Dead Wrath, déjà mis en boîte.

easy2fly
6
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le 25 juil. 2026

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Laurent Doe

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