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Evil Dead Burn est un film techniquement brillant : mise en scène inventive, travail sonore remarquable, rythme soutenu, direction artistique maîtrisée. La caméra bouge sans esbroufe, les compositions sont recherchées, le gore est généreux et les effets convaincants. Le film cherche autant à faire peur qu'à procurer un plaisir de cinéma — plus film d'action horrifique qu'épouvante classique — et sur ce terrain, il trouve légitimement sa place dans la saga, même si la mythologie n'est pas vraiment respectée.
C'est le choix des enjeux narratifs qui trahit cette réussite formelle. Dès les scènes d'exposition, les personnages semblent exister uniquement parce que l'intrigue a besoin d'eux : la fête d'anniversaire qui réunit artificiellement les protagonistes, les dialogues convenus, les tensions mécaniques. Le récit avance par passages obligés — présenter, installer le conflit, lancer la menace — pendant que la réalisation, elle, continue de faire preuve d'une inspiration que l'écriture n'a pas.
Le vrai problème, cependant, est ailleurs : le film superpose deux récits qu'il ne parvient jamais à articuler. Le premier est un Evil Dead classique — possession, objet maudit, montée vers le chaos sanglant — dont il maîtrise parfaitement les codes. Le second met en scène la violence masculine et conjugale, et sa transmission familiale : les antagonistes sont montrés comme violents envers les femmes avant même leur possession. Ces deux niveaux pourraient coexister — l'horreur a souvent donné forme à des traumatismes réels — mais ici, le récit oscille sans jamais trancher : la violence est-elle un choix des personnages, ou l'effet du démoniaque héréditaire ? Si elle est déjà là avant la possession, que reste-t-il du surnaturel, sinon une surenchère sur la violence faite aux femmes ? C'est là que réside l'échec principal. C'est de ce manque de relation logique entre les deux récits qui conduit à ce que les scènes qui ne soient pas d'action sont pour le moins relativement ennuyante.
En prenant pour point de départ un sujet aussi grave, le film crée une attente : que cette violence ait une fonction dramatique ou symbolique. Mais elle sert surtout à lancer l'action, avant que le récit ne retrouve ses mécanismes habituels — possession, gore, affrontements pour diluer la question de la violence masculine : elle devient un ressort du spectacle plutôt qu'un objet de réflexion, et c'est précisément ce qui crée le malaise : on pense inévitablement aux films rape and revenge, qui prétendent dénoncer une violence extrême tout en la spectacularisant longuement avant la vengeance cathartique. Je ne range pas Evil Dead Burn dans ce sous-genre, mais il se heurte à une difficulté comparable — à force d'intégrer les violences conjugales aux mécanismes ludiques de la saga (humour noir, gore, plaisir du carnage), il entretient une ambiguïté qu'il ne résout jamais : dénonce-t-il cette violence, ou s'en sert-il comme simple ressort dramatique ? Le film reste, en somme, un spectacle extrêmement bien fabriqué, dont le scénario donne sans cesse le sentiment de courir derrière une mise en scène qui, elle, avait déjà trouvé sa voie.
Créée
le 17 juil. 2026
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