eXistenZ
6.7
eXistenZ

Film de David Cronenberg (1999)

Voir le film

eXistenZ : visionnaire pour certains, daté pour moi

Je comprends l’idée. Je vois l’intention. Le jeu sur les niveaux de réalité, la mise en abyme, la confusion permanente entre le virtuel et le réel… Sur le papier, c’est stimulant. Et je comprends que le film ait marqué à sa sortie. Mais presque trois décennies plus tard, ça ne m’a pas embarqué.


Déjà, l’esthétique. Très kitsch. Les décors organiques, les consoles biomécaniques, les armes en os… C’est censé être dérangeant, étrange, presque viscéral. Mais aujourd’hui ça m’a paru surtout daté. Ce qui devait sembler audacieux en 1999 ressemble parfois à un bricolage un peu cheap. Il y a une texture visuelle qui vieillit mal, une direction artistique qui manque de finesse.


Pourtant, derrière ça, il y a un vrai cinéaste. David Cronenberg a dans son histoire, semble-t-il toujours aimé questionner le corps, la technologie, la mutation, la contamination entre l’humain et la machine comme j'ai pu un peu l'apercevoir dans les crimes du futur (qui doit être encore plus présent dans La Mouche, que je n'ai pas encore vu). eXistenZ s’inscrit parfaitement dans cette logique. Le problème, c’est que j’ai trouvé ça faussement ingénieux. Le film donne l’impression de complexité, mais la mécanique finit par paraître répétitive. On enchaîne les couches de réalité sans que l’enjeu émotionnel ne prenne vraiment.


Et surtout, je n’ai pas accroché aux protagonistes. Ni Jennifer Jason Leigh, ni Jude Law ne m’ont réellement embarqué. Je suis resté à distance. Or dans un film qui repose sur la paranoïa et la perte de repères, si on ne s’attache pas un minimum aux personnages, la tension s’effondre. Les twists deviennent conceptuels plutôt que viscéraux.


J’ai aussi trouvé le film long. Pas forcément en durée réelle, mais en sensation. Il y a un côté circulaire dans la narration qui finit par anesthésier. À force de brouiller les pistes, le récit perd en impact. On comprend l’intention, mais on ne la ressent pas.


Ce qui m’étonne le plus, c’est l’aura culte du film. Je comprends son importance historique, son avance thématique sur les réalités virtuelles et les jeux immersifs, bien avant que ces questions ne deviennent centrales dans la culture populaire, mais aujourd’hui, 27 ans plus tard, ça ne fonctionne plus aussi bien, ni sur le fond, ni sur la forme.

Je respecte l’ambition, l’idée, le geste d’auteur. Mais l’expérience est restée froide. Un film que j’ai regardé plus par curiosité cinéphile que par plaisir réel.

Pour la découverte.

lugdunum91
4
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Les films que je dois voir, Films vus sur une plateforme hors netflix et Films Vus en 2026

Créée

le 1 mars 2026

Critique lue 105 fois

lugdunum91

Écrit par

Critique lue 105 fois

7
4

D'autres avis sur eXistenZ

eXistenZ

eXistenZ

7

tizboe

358 critiques

Critique de eXistenZ par tizboe

Pas un grand film, mais des rouages terriblement bien huilés. Ou plutôt graissés, étant donnée la forte tendance du réalisateur à s'amuser avec des prothèses visqueuses. Latex, gélatine, cartilage et...

le 11 févr. 2011

eXistenZ

eXistenZ

8

Eric-Jubilado

6879 critiques

Visionnaire et radical

Alors qu'on est bien forcés d'admettre que David Cronenberg, en virant "mainstream", n'est plus un metteur aussi intéressant qu'il le fut dans toute la première partie de sa carrière - la plus...

le 19 févr. 2016

eXistenZ

eXistenZ

9

RemyD

199 critiques

Cronenbergland

Comme à son habitude, le cinéaste canadien mêle chair et technique dans un univers visuel qui tient à la fois du film à suspense et de la thèse existentielle. Avec eXistenZ David Cronenberg nous...

le 11 oct. 2010

Du même critique

Matrix Resurrections

Matrix Resurrections

6

lugdunum91

628 critiques

Matrix 4: Résurrection compliquée

150eme film de l'année 2021 et découverte de cet énième saga qui a décidé de renaitre de ces cendres, le retour malgré une certaine envie est bien compliquée. Dix-huit ans après les événements de...

le 21 déc. 2021

Frankenstein

Frankenstein

7

lugdunum91

628 critiques

Frankenstein : Le cœur se brise, mais continue de battre

Guillermo del Toro signe avec Frankenstein une relecture à la fois intime et grandiose du mythe du monstre et de son démiurge. Loin des éclairs de laboratoire et des clichés gothiques, il livre ici...

le 8 nov. 2025

Zootopie 2

Zootopie 2

8

lugdunum91

628 critiques

Zootopie 2 : le retour d’un monde qui n’a rien perdu de sa magie

Il est des suites qui prolongent une histoire. Et puis il y a Zootopie 2, qui la déploie comme un éventail irisé, révélant des couleurs qu’on ne soupçonnait même plus, un peu comme si Disney s’était...

le 27 nov. 2025