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Depuis combien de temps n'avais-je pas ressenti une telle tension devant un film ?
CUTTERHEAD, ou EXIT, est un projet qui avait attiré mon attention au détour de quelques teasers et articles il y a plusieurs mois. Je guette le plus possible les films qui ne bénéficient pas d'une grande promo mais qui sont, souvent, des réussites.
Celui-ci rentre parfaitement dans cette case. Dans une ambiance froide, à la photographie âpre et réaliste, le cinéaste nous narre l'excursion d'une journaliste partie faire un reportage sur les ouvriers d'un chantier de construction d'un métro. Pitch simple qui gagnera toute sa force lorsqu'un élément perturbateur, dont je tairai la teneur, viendra l'enrichir.
Ne lâchant pas d'une semelle le visage des protagonistes, campés par des acteurs irréprochables, Kloster Bro épouse son sujet avec autant de simplicité que d'inspiration, sans user d'artifices qui annihilerait la suspension d'incrédulité du spectateur. On y croit, tout simplement. Le travail sonore, très travaillé, y est pour beaucoup et nous place directement aux côtés des personnages. Et quelle angoisse...
Rares sont les films où, arrivé le générique, je suis content que tout soit fini, pas parce que je n'ai pas aimé, mais parce que l'effet qu'il a sur moi est tellement intense que je suis soulagé de m'en libérer. Le récit m'a pris aux tripes et m'a sérieusement oppressé. Peut-être parce qu'il exploite une de mes peurs personnelles, mais aussi parce qu'il n'a pas hésité à se heurter à la souffrance psychologique qu'il induit. Il me semble vraiment impossible de ne pas ressentir de malaise devant certaines scènes...
Le réalisateur assume pleinement ses choix scénaristiques et les magnifient dans une spirale visuelle aussi puissante que dérangeante, aussi psychique qu'organique. Certains plans désorientent complètement, jusqu'à créer de plus en plus une perte de repères sensorielle et visuelle.
Une immense réussite.
Un seul regret: ne pas l'avoir découvert au cinéma, ou l'immersion et l'expérience auraient été décuplées.