Comédie muette tardive qui doit l'essentiel de son intérêt à la prestation de son actrice principale très peu connue, Beatrice Lillie, incarnant dans "Exit Smiling" une costumière au service d'une petite troupe de théâtre de seconde zone. Elle rêve secrètement de prendre part à l'interprétation de la pièce mélodramatique jouée, "Flaming Women", dans laquelle il est question de femme déguisée afin de sauver son amant au cri de "Ten O'Clock! My lover is saved!"— une situation qui ne manquera pas de se reproduire en des termes voisins dans la réalité du film, en dehors de la pièce, tandis qu'elle usera du même stratagème.
Les mises en abîme sont omniprésentes à partir du moment où l'on a affaire à un film focalisé sur les représentations d'une compagnie théâtrale, il y a la pièce dans le film, les acteurs dans le rôle d'autres personnages, les femmes qui se déguisent (en hommes, entre autres), et toute une série de motifs imbriqués jouant avec les contours de la réalité et de la fiction (dans la fiction). Sam Taylor, sans co-auteur cette fois-ci après des années de collaboration avec Fred C. Newmeyer ou Harold Lloyd, joue beaucoup avec les allers-retours entre scène et coulisses, montrant les interactions invisibles au public assistant à la représentation, ainsi que toutes les répercussions sur la vie des artistes en marge de la pièce. Finalement, elle sera actrice avant tout dans sa propre vie. Le personnage central de Beatrice Lillie illustre un désir d'ascension, une volonté de percer dans un milieu qu'elle n'observe que de l'extérieur, et se fait le support d'une tonalité comique légère constante tout au long de l'intrigue avant de conclure sur une note mélancolique et romantique assez peu prévisible.