Long et ennuyeux, le film -d'autant plus décevant qu'il est signé Preminger et Dalton Trumbo- relate le combat des Juifs pour la création de l'Etat d'Israël dans une Palestine partagée.
Soucieux de vérité historique et de didactisme, Otto Preminger dresse un état des lieux du sionisme qui se fond dans le moule du grand spectacle hollywoodien, avec ses contingences romanesques, ses grands sentiments et, particulièrement ici, un humanisme édifiant et très convenu.
Le film prend parti. En faveur d'Israel, comme en témoigne la jeune américaine qu'interprète Eva-Marie Saint, candide puis engagée, symbole d'une Amérique qui apporte son soutien à la création d'une nation juive. Les Arabes, quant à eux, n'ont pas voix au chapitre.
Certes, le film n'oublie pas d'évoquer le bras de fer politique d'Israël avec l'ONU et, parallèlement, raconte le terrorisme contre l'armée britannique en Palestine, donnant lieu à cet égard à quelques considérations communes sur l'usage ou non de la violence. Consensuel, légitimant le combat des Juifs tout en déplorant les pertes anglaises, et utopique, envisageant une future et inéluctable fraternité israélo-arabe, le film fait de Paul Newman, dans un rôle sans relief, un combattant modéré qui conduit les réfugiés de l'Exodus vers la terre promise.
Mais en dépit de son sujet crucial et de son décor inédit, de l'action sur l'Exodus ou sur la terre palestinienne, la superproduction de Preminger manque cruellement d'intensité dramatique, la faute à une réalisation impersonnelle, à un scénario superficiel auquel il manque le souffle de l'épopée et des personnages plus authentiques.