Notes sur le film : Un film au « présent nostalgique », car tous les personnages – en tout cas, ceux masculins -, regrettent un paradis perdu, et n’arrivent pas à passer outre ce passé si lourd d’un point de vue émotionnel. Associé à un certain mystère – chacun à ses raisons... mais on les apprend tardivement -, Exotica arrive à interloquer, parfois, par son rythme incertain et son côté abscons, mais aussi à intriguer, d’autant qu’il est un film obsédé par le point de vue et les regards – ça ne peut que parler à un Depalmien voyeuriste comme moi.
Mais, trop souvent, le film tente d’étoffer son discours avec du verbiage : les dialogues, sur-écrits quand ils plongent dans la confidence, fatiguent, car les personnages théorisent trop les problématiques qui les touchent. Au lieu de vouloir dire, Exotica aurait dû surtout vouloir montrer, ce qu’il réussit en partie, mais le poids de sa volonté discursive, parfois herculéenne, fait s’affaisser le film, par ailleurs trop circonscrit d’un point de vue visuel à l’époque de sa sortie : c’est particulièrement visible dans l’éclairage au sein de l’Exotica, où danse la belle Mia Kirshner.