Mes plus profondes excuses à Expendables 3 : après son unique visionnage en 2014, je pensais qu'on ferait difficilement pire dans cette saga bourrine qui fleur bon la naphthaline. J'avais tort, teeeeellement tort.
Le montage, le scénario, les effets spéciaux, le jeu d'acteur c'est quand même effrayant le niveau d'incompétence de ce "film", au point que je peux en résumer tous les problèmes en résumant le film dans ses maigres détails.
Et pourtant ça semblait commencer pas trop mal, avec une première scène dans une base ennemie à l'étranger, m'évoquant aussitôt l'excellent démarrage d'Expendables 2 : Unité spéciale. Mais tel le ninja dissimulé dans le coin de la pièce, voilà que le film me prend par surprise avec un coup de coude dans le ventre en me montrant des Lybiens qui parlent entre eux en anglais et un hélicoptère dont la laideur numérique m'a arraché un "OHHHH!". Et on n'est qu'à 2 minutes de film. Sacrebleu...
Débarque alors Iko Uwais et ses bâtonnets tout pourris et pas menaçants pour un sou, mais tout de même plus impressionnant que ce pitoyable Stallone qui vient juste après pour enrôler Jason Statham dans une mission des plus pourraves : récupérer une bague moche dans un bar. Comme le reste du film, ça ne sert à rien, ça n'est pas drôle, ça n'est pas divertissant. C'est juste du gras, résidu d'une liposuccion.
Mais le plus effrayant reste à venir. Le casting de flingueurs, sorte de résidus de fond de poubelle, embauche un 50 Cent à moitié endormi et un comique de service avant de filer doux dans une cinématique PS3. Et là la foire aux fonds verts commence : c'est DÉGUEULAAAAAASSE. Rien n'a l'air réel, rien n'est palpable, tout est dégueu, au point que les vraies cascades passent complétement inaperçues face à tant d'immondices. Vous voulez me dire qu'aucun de ces vieillards surpayé n'était disponible pour venir filmer dans un hangar pourri ? Même Stallone avait pas envie d'être là puisqu'il se fait littéralement exploser dans un déluge d'effets spéciaux moches. Mais bordel qu'est-ce que c'est LAID ce film !
Plus triste encore que la qualité du long-métrage, Statham s'en-va baiser la pauvre Megan Fox qui n'est là que pour ça puisqu'elle est visiblement plus bonne à se maquiller qu'à se battre dans cet infect spectacle de pantins. Ah c'est clair que c'est pas ici que la belle botoxée trouvera sa rédemption post-Transformers puisque même en tant que nouvelle cheffe des Expendables, elle ne fait strictement rien, s'apparentant davantage à une poupée gonflable perdue sur le plateau de tournage qu'une redoutable femme de terrain. En même temps, elle s'est aussi faite embauchée par un sacré numéro : Andy Garcia en sous-jeu total, dont le seul trait de caractère se limite à avoir un cure-dent en bouche. Le putain de cure-dent ! Même les plus grands nanars ne commettent pas cette faute de goût ininspirée !
Ces "experts" finissent sans surprise par tous se faire attraper par ce coquin d'Iko qui les enferme sur son bateau, déguisé pour l'occasion en porte-avion à l'aide de 2-3 jets en contre-plaqué. Même que moi je pense plutôt que c'était juste un prétexte scénaristique pour économiser sur la déco, mais à ce stade ça m'est foutrement égal : le film est déjà perdu. Car ce bateau sur fond vert, c'est déjà le troisième acte... sauf qu'il n'y a jamais eu de 2ème acte. Et pour rappel, ils étaient 3 scénaristes à écrire cette purge. TROIS.
Puisqu'il est le mieux payé de tous ces clowns, Statham sauve tout le monde en effectuant la pire course-poursuite en moto jamais réalisée sur un bateau et en égorgeant des matelots dans un torrent de sang numérique. Et puisque Jason n'a pas fini de tirer toute la couverture, il ose commettre l'impensable en tuant Iko Uwais au corps-à-corps. À ce stade-là, c'est de la science-fiction ce film. SAUF qu'Iko et sa coupe de cheveux sponsorisée par les gels Schwarzkopf n'étaient en fait pas les vrais méchants. Non le vrai méchant, c'était Caracal... heu non, Lynx... enfin je voulais dire Serval... merde il restait quoi comme autre nom de petit félin... AH OUI ! OCELOT ! Ocelot qui n'était autre qu'Andy Garcia, dont les motivations m'échappent complétement puisqu'il veut déclencher une troisième guerre mondiale. Pourquoi ? Aucune idée, à part l'argent peut-être. Mais trop tard : le bougre se fait démembrer par Stallone et son hélicoptère. Stallone qui avait en fait simulé sa propre mort. Ah ouais... Tu m'étonnes que l'un des derniers plans du film c'est une main momifiée tirant un doigt d'honneur à la caméra.
Notons encore que Expendables 4 nous offre aussi une photographie bien moche, de belles blagues à base de pisse, et de membre érectile, et que Scott Waugh se révèle bien décevant en tant qu'ancien cascadeur reconverti en réalisateur. Il devrait prendre note de son grand frère Ric : même lui aurait fuit ce plantage à 100 millions de budget... attendez... COMBIEN ?!