Ce long-métrage russe aux accents de “Nid de guêpes” et de “Assaut” (toutes proportions gardées bien évidemment), se veut à la fois un thriller au suspense maîtrisé, un drame social et une charge contre l’oligarchie. Une gangrène que le réalisateur Youri Bykov dénonce aux travers d’une poignée d’ouvriers d’une fabrique de béton armé bientôt au chômage, décidant de kidnapper Kalouguine, l’homme d’affaires véreux à l’origine de la fermeture inextricable de l’usine (d’où le titre “Factory” en anglais). Bykov tire à boulets rouges sur la corruption galopante qu’a engendrée la chute de l’Union Soviétique en 1991. Ce huis clos désespéré démontre un système mafieux prêt à tout même au pire pour continuer à s’enrichir sur le dos des travailleurs. Les ouvriers, avec à leur tête “Le Gris” (un ancien Spetsnaz ayant depuis longtemps, perdu toute illusion), vont devoir faire face durant des heures aux hommes de main de Kalouguine et aux forces de police. Mais quels sont les bons et les méchants ?
Durant 105’, le spectateur en pleine confusion, se trouve être le témoin d’une lutte des classes des plus violentes, menant parfois jusqu'au sacrifice.
Les amateurs de coups de feu et d’action pourront y trouver leur compte, mais “Factory” a plusieurs niveaux de lecture, dont celui d’être le reflet d’une société qui s’abreuve des inégalités. Un film purement d’actualité !!