Considérés comme provocateurs de malheurs, les livres sont interdits. Une idée étrange, voir incohérente car, bien qu'il y ait des lecteurs résistants, tapis dans l'illégalité, il semble qu'une bien plus grande majorité de gens aient abandonné le livre au profit de la télévision : il semble donc injustifié d'être aussi rigide voir décisif contre les récalcitrants.
L'idée, bien qu'elle aurait sûrement pu être excellente (j'admet n'avoir pas lu le livre éponyme, trop de TV sûrement...), se heurte à mes yeux à une exagération qui la défait. Pourquoi donc, par simple besoin d'éviter aux citoyens de s'élever, allons nous jusqu'à les brûler vif au milieu de leurs ouvrages. Pourquoi tant de rigidité quand on sait, qu'avec télévisions et tranquillisants, ils sont nombreux à n'avoir plus d'intérêt pour ce qu'on leur interdit de si véhémente façon.
A mes yeux, cependant, car j'ai pu apprécier certains décors ou motifs de ce futur vidé de substance et aseptisé, je trouve la fin absurde et n'amenant à aucune résolution de l'intrigue. Des résistants viennent se retrouver dans la forêt et apprennent leur ouvrage de prédilection par coeur pour devenir cet ouvrage et le conserver en tant qu'homme-livre, bien... Mais ensuite ? Que se passe t-il après que nous ayons fui cette société ? On fait du feu et on mange des baies jusqu'à la fin en recitant un livre encore et encore ?
N'en reste que la réalisation du film, ses quelques idées de montage ne rattrape pas les errances du scénario. Le film, ayant d'ailleurs assez mal vieilli, m'a fait vivre un assez oubliable moment d'étrangeté. Etrangeté liée au fait que la béance criblant de ce monde aliéné m'a assailli jusqu'à ce que j'oublie réellement ce que le film cherchait à me faire vivre, comme sous l'emprise des tranquillisants de madame Montag.