Un de mes Disney préférés, je l'ai aimé très tôt, très jeune où pourtant je n'étais pas encore très sensibilisé à la musique classique, c'est venu après ; ou alors est-ce ce dessin animé qui m'a incité à aimer le classique ? c'est possible. Ceci dit, je n'aime pas tout dans ce style de musique, j'ai mes préférences comme dans ce film. Toujours est-il que c'est l'accord parfait entre les images et la musique, je crois que jamais dans aucun autre Disney animé traditionnel, la musique suit ou s'adapte aussi parfaitement à l'image. L'idée trottait dans la tête de Walt Disney depuis toujours, il a toujours tenté de faire cohabiter image et musique, et d'ailleurs la musique a toujours fait partie intégrante de l'univers Disney.
Sous la direction du chef réputé Leopold Stokowsky, l'orchestre de Philadelphie se prête au jeu. Le film est composé de 7 séquences illustrées par des morceaux symphoniques figurant parmi les plus connus, les images qui défilent sont le fruit de l'imagination débordante des studios Disney, à une époque, en 1940, où l'électronique et les effets spéciaux n'étaient même pas du domaine du rêve. Aujourd'hui, plus de 70 ans après, le film restauré au niveau de l'image, des couleurs, de la musique digitale, reste un véritable enchantement, un vrai film de fête.
Chacun aura sa ou ses séquences préférées ; beaucoup penchent pour celle de "L'Apprenti sorcier" à cause de la présence de Mickey que Walt Disney a osé mêler à cette joyeuse entreprise ; c'est vrai que la séquence est extraordinaire, mais ce petit poème symphonique du Français Paul Dukas (qui a fait le tour du monde) est aussi d'une belle sensibilité poétique, j'aime bien cette séquence. Ma préférée reste surtout celle de "la Symphonie n°6 Pastorale" de Beethoven, illustrée par des scènes mythologiques, une journée bucolique sur le mont Olympe où nymphes, faunes, licornes, centaures, chevaux ailés et le dieu Bacchus enivré se déplacent en un ballet plein de grâce. J'ai apprécié cette symphonie assez jeune pour son pouvoir de séduction romantique virevoltant, grâce à ma mère qui admirait l'oeuvre de Beethoven ; on dirait que cette musique coule comme de l'eau tellement c'est fluide et doux à l'oreille.
Un autre morceau que j'aime est "la Danse des heures" d'après une oeuvre de Ponchielli, qui a inspiré une parodie réussie de danse classique où les danseuses frêles et légères sont remplacées par des animaux aussi peu gracieux que des hippopotames, des éléphants ou des crocodiles qui reconstituent de façon caricaturale les mouvements traditionnels du ballet ; ce traitement est proche des Silly Symphonies de Disney au début des années 30. Je retiens aussi le ballet "Casse-Noisette" de Tchaïkovsky, bourré d'idées et très riche visuellement.
Ce film qui techniquement fit progresser l'animation, fut la tentative artistique la plus ambitieuse de Walt Disney, mais aussi hélas un échec cuisant à sa sortie. Ce n'est qu'avec le temps qu'il fut apprécié à sa juste valeur, on a pu y voir une oeuvre enchanteresse, pleine de fraîcheur, un spectacle magique ; je me risque à dire que si on ne devait voir qu'un seul Disney, ce serait sûrement celui-ci...