Les opulentes héroïnes de Russ Meyer font office de mauvais garçons dans ce pastiche de série B, déclinaison au féminin du film de gangsters. Comme leurs modèles masculins, elles se battent, jurent, se prêtent à des cascades automobiles, tuent et s'entretuent pour de l'argent.
Dans un décor minimaliste -un désert, une maison plantée dans le désert- et révélateur d'une production fauchée, Meyer met en scène un gang de trois plantureuses créatures, amazones modernes, qui investissent la propriété d'un vieil infirme irascible pour lui piquer son magot.
En vérité, même si la posture est parodique (mais pas comique, précisons-le), le film est grotesque -comme était ridicule le carré blanc qui prévenait le fantasme mammaire du cinéaste lors d'une diffusion télé. Car, son érotisme est aussi prude que suggestif et on compte seulement quelques inoffensifs sous-entendus sexuels. Son caractère insolite, personnages obligent, n'empêche pas l'intrigue de se perdre dans un bavardage stérile et ses héroïnes, par moments, dans d'hystériques querelles.
Et on s'ennuie, en dépit que le film requiert d'être pris au second degré, un film que l'auteur met en scène et dirige tout à fait sérieusement (on ne retrouvera pas ici la désinvolture du nanar) comme si, au-delà du casting inattendu, le cinéaste avait à cœur de réaliser un vrai film de genre.