"It wasn't my fault ! The magician did it !"
Comment ne pas être tout excité à l'idée de voir le premier pas dans le cinéma d'un des plus grands; Comment ne pas être ému devant le premier opus cinématographique de Stanley Kubrick, qui marquera à jamais l'histoire du cinéma par la suite. Pour ce qui est de "Fear and Desire", l'empreinte dans l'histoire est plus que légère : un scénario assez sommaire, un film court (61 minutes), un jeu d'acteurs emphatique, bref, ce n'est pas un chef-d'oeuvre. On se surprend à regarder le temps défiler alors que le film ne dure qu'une heure (alors que pour ma part, les 2H20 de 2001 passent sans accroc). Et pourtant, on ne peut pas être complètement déçu face à ce premier essai maladroit, et pour deux raisons selon moi.
La première tient justement à la place historique du film dans la carrière de Kubrick. Tout juste sorti du poste de photographe pour le magazine Look, le jeune Stanley décide de se lancer, et c'est là que réside le premier intérêt du film : la photographie. Ce que l'on peut voir comme un enchaînement pataud de plans rapprochés est en réalité la marque de quatre années passées à arpenter les rues de la ville, allant jusqu'à prendre des centaines de clichés pour obtenir la photographie idéale. Je vois ces plans comme des portraits, réminiscence de son expérience encore toute proche de photographe professionnel.
La seconde concentre tous les enjeux, même ratés, du film. Tous les thèmes de Kubrick s'y trouvent : la guerre, la folie, l'amour, l'érotisme.... mais tout cela est présenté à tâtons, de manière saccadée ou brusquement fluide.
Ce film n'est pas le plus grand de Stanley Kubrick, loin de là -il le reconnaîtra d'ailleurs lui-même sans difficulté par la suite-, mais il n'empêche que l'intention est là. Maladroite, simple, peu efficace, mais présente tout de même.